( 25 septembre, 2009 )

Esquisse biographique de Papus

Papus

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Le but n’est pas ici de donner une biographie exhaustive de Gérard Encausse, plus connu sous le nomen de Papus, mais bien d’exposer brièvement son parcours initiatique, ainsi que les circonstances dans lesquelles il fondera, avec l’assistance de quelques autres grands personnages, l’Ordre Martiniste, qui représente encore aujourd’hui, le deuxième courant Initiatique principal d’Occident, après la Franc-maçonnerie, en considérant que l’Ordre Martiniste est encore plus discret, si pas plus secret que la Franc-maçonnerie elle-même. 

Né le 13 juillet 1865 à La Corogne, en Espagne et confession chrétienne, Gérard Encausse se passionnera dès l’adolescence pour les Sciences Occultes et le domaine initiatique.  Une fois l’âge adulte atteint, on ne comptera plus le nombre de Cénacles Occultistes que Papus rejoindra ou fondera, nous retiendrons les plus importants tels la Société Théosophique en 1887, l’Ordre Kabbalistique de la Rose+Croix en 1888, l’Eglise Gnostique en 1892 ou encore le Rite Maçonnique de Misraïm en 1900. Autre fait très important est que Papus était un ami très proche d’Anthelme Nizier Philippe (1849-1905), plus connu en tant que le Maître Philippe de Lyon, qui deviendra très vite un très proche collaborateur de Papus, notamment dans la fondation de l’Ordre Martiniste.  (Il est toutefois très important de préciser que le Maître Philippe, ayant voué sa fidélité à l’Eglise Catholique Romaine, ne sera jamais Franc-maçon, Martiniste ou membre d’un quelconque Ordre Initiatique tiers).  Ce sera la rencontre de Papus avec Henri Delaage (1825-1882) qui marquera la genèse de l’Ordre Martiniste. Henri Delaage détenait une initiation, en réalité un dépôt initiatique qu’il avait reçu de son grand père, Clément Marie-Joseph Delaage(1785-1861) , disciple de Louis-Claude de Saint-Martin et membre de la Société des Intimes.  Papus reçut cette initiation des mains d’Henri Delaage, alors que celui-ci était sur son lit de mort, soit « un pauvre dépôt se composant uniquement de deux lettres et de quelques points ».

 On ne sait par contre rien de plus sur cette initiation Saint-Martinienne, ni même si elle fût rituelle ou s’étant limitée à une simple instruction orale (bien que la deuxième hypothèse semble la plus probable). 

Suite à cette transmission, Papus entreprit la fondation de l’Ordre Martiniste, principalement assisté des Frères Charles Detré (Téder) (???- ???) (qui ne fût toutefois pas membre du Suprême Conseil de l’Ordre au départ) et Augustin Chaboseau (1868-1946). C’est au Maître Philippe que l’on crédite la réalisation du Sceau de l’Ordre Martiniste, le fameux Pentacle, dont l’orthographe Martiniste correcte est « Pantacle » Il est aussi intéressant de noter qu’Augustin Chaboseau possédait une initiation similaire à celle qui avait été conférée à Papus par Henri Delaage, initiation que Chaboseau détenait d’une certaine Amélie de Boisse-Mortemart, qui fût un temps le professeur de piano du jeune Augustin. Il semblerait qu’il eut existé des Loges Martinistes pratiquant un Rite en sept degrés, reprenant notamment l’échelle des trois degrés de la Franc-maçonnerie Universelle, mais dont on ne retrouve aucune trace aujourd’hui. Les premiers rituels nous étant toujours accessibles sont ceux qui furent émis par le Suprême Conseil de l’Ordre Martiniste en 1913 et écrits par Téder. Ces rituels, couvrant quatre degrés étaient manifestement en pratique dans les Loges Martinistes en 1891. Ces rituels sont toujours ceux qui sont pratiqués de nos jours par les Groupes Martinistes (terme aujourd’hui plus usité au détriment de celui de « Loges »), mais en une forme épurée, ce qui ne les rend pas moins riches pour autant. Bien qu’il n’y ait jamais eu de sources claires à cet égard, il semble que sous Papus, l’Ordre Martiniste fût exclusivement masculins et ouverts uniquement aux Maîtres-Maçons. D’ailleurs, à cette époque, l’Ordre Martiniste évoluait dans le giron de la Franc-maçonnerie, et à certaines occasions, des Francs-maçons pouvaient prendre part aux Travaux des Loges Martinistes, cela n’étant plus admis de nos jours. 

Dès les premières versions de ces rituels, on remarquera une très forte influence du Rite Ecossais Rectifié, l’Ordre Martiniste se voulant, au même titre, constituer une Chevalerie Spirituelle, mais également la présence d’éléments du Rite Cohen, alors que l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen était en sommeil depuis les environs de 1780. Certaines sources affirmeront par la suite que Téder avait été initié dans l’Ordre des Elus Cohen. Cela semble en effet peu probable, car même si nous avons été dans l’impossibilité de trouver les années de naissance et de mort de Téder, on imagine mal comment il aurait pu avoir été initié dans un Ordre ayant existé environ un siècle plus tôt ! Et pourtant, l’influence Cohen est bien présente depuis le tout premier Suprême Conseil Martiniste de 1891, comment l’expliquer ? Robert Ambelain émettra plus tard une autre hypothèse, à savoir que Papus aurait reçu, dans le plus grand secret, une initiation théurgique émanant de l’Ordre des Frères Aînés d’Asie, société secrète qui aurait été en contact avec Martinez de Pasqually et son Ordre des Elus Cohen. Comme nous le verront dans un chapitre suivant, Robert Ambelain se servira des documents que possédait Papus sur l’Ordre des Frères Aînés d’Asie pour constituer son propre Ordre de la Rose+Croix d’Orient Astrale et Esotérique d’Egypte. 

(Je précise que le Frère Robert Ambelain explique le canal de la filiation émanant de l’Ordre des Frères Aînés d’Asie dans son célèbre « Sacramentaire Rose+Croix ».) Résumons donc les canaux possibles pour expliquer l’influence Cohen sur le Rite Martiniste : 

-Les initiations d’Henri Delaage et d’Augustin Chaboseau devaient au moins comporter une instruction orale transmettant certains symboles et instructions se rapportant aux Elus Cohen. Ou 

-Papus avait reçu un dépôt initiatique des Frères Aînés d’Asie, qui eux-mêmes en avait reçu une partie de Martinez de Pasqually. Revenons en désormais à l’Ordre Martiniste de Papus : ce système, encore aujourd’hui, se décompose en quatre degrés : « Associé », « Initié » ,« S.I. » (« Supérieur Inconnu » ou « Serviteur Inconnu ») et « S.I.I. » (« Supérieur Inconnu Initiateur » ou « Serviteur Inconnu Initiateur ») 

Comme dans le Rite Ecossais Rectifié, ce Rite Martiniste propose à l’individu d’assimiler le processus de la Réintégration par la Voie Cardiaque de Saint-Martin, et tout comme le propose la Franc-maçonnerie, de le faire au travers d’un long voyage symbolique et introspectif, qui amènera l’initié à mieux se connaître sous toutes ses facettes et ainsi à pouvoir évoluer de manière efficiente. Par contre, il est important de préciser que le Martinisme ne propose pas quatre initiations séparées, mais bien une et seule même initiation distillée en quatre parties, ce qui est fort différent ! 

Un autre fait intéressant est que, contrairement à un Franc-maçon, tenu de fréquenter une Loge, le Martiniste peut jouir d’une initiation dite « libre » lui étant conférée par un titulaire du quatrième degré et ce, sans avoir à fréquenter un Groupe. En effet, certaines personnes voient à raison le Martinisme comme un égrégore puissant dont elles désirent la protection pour entreprendre une Quête Intérieure individuelle. De manière plus pratique, cela permet à des personnes voyageant constamment de pouvoir être reçues en visite dans un Groupe ou qu’elles soient dans le monde. Notons toutefois que les initiations libres restent assez exceptionnelles. Après la mort de Papus à Paris en 1916, l’Ordre Martiniste tombera en sommeil pendant une courte durée, avant de réapparaître sous formes d’une multitude de branches, d’Ordres et d’obédiences, et surtout, beaucoup de Grands Maîtres, dont chacun s’instituera comme « seul légataire et dépositaire de l’Ordre de Papus ». Si c’est à cette même période que commenceront à apparaître certaines querelles d’obédiences, cette époque charnière marquera aussi le détachement complet du Martinisme par rapport à la Franc-maçonnerie et annoncera également l’ère de la mixité au sein des Groupes, unanimement adoptée de nos jours. 

Pour conclure ce chapitre, malgré quelques courants dissidents, le système de Papus en quatre degrés est celui qui est aujourd’hui encore pratiqué par plus de 90% des Groupes Martinistes à travers le monde, même y compris par certains Groupes et Ordres qui prétendent ne pas relever de la filiation Papusienne.    L’Ordre Martiniste est toujours très actif de nos jours, sous forme de diverses obédiences, comme c’est le cas en Franc-maçonnerie, et ce, dans bon nombre de pays du monde,  l’ère de l’internet  lui ayant insufflé un regain d’intérêt de la part du public. Les Martinistes sont des hommes et des femmes de Désir, adultes, mais de tout âge et de toutes les conditions, s’investissant d’une mission spirituelle envers leurs prochains et dans le but de contribuer à l’équilibre Universel, en œuvrant au Progrès et à la Réintégration de l’Humanité tout entière. 

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