( 25 janvier, 2010 )

Comment entrer en Martinisme ?

Comment entrer en Martinisme ?

La condition de départ est d’être un homme ou une femme majeure, libre, de bonne moeurs et jouissant d’une bonne réputation civile et morale (beaucoup d’Ordres Martinistes exigent d’ailleurs que leurs membres soient titulaires d’un casier judiciaire vierge).

Il faut ensuite que la candidature soit parrainée par deux membres de l’Ordre que l’on désire rejoindre. Dans la plupart des Ordres, il faut qu’un des deux Parrains (ou parfois les deux) soit titulaire du 3ème degré au minimum.

Pour poser candidature, il existe principalement deux voies :

Généralement, l’entrée en Martinisme se fait par cooptation. Un Martiniste reconnaît en un profane (c’est à dire un « non initié ») les qualités de Coeur et d’esprit nécessaires et se dévoile à ce dernier afin de connaître son éventuel intérêt pour la démarche Martiniste, et lui propose éventuellement de le parrainer. Il arrive aussi parfois qu’un profane connaisse une personne de son entourage pour être Martiniste, il s’adresse donc à cette dernière.

Toutefois, la plupart Ordres Martinistes acceptent les candidatures dites « libres ». Il suffit pour cela de vous renseigner et d’envoyer un courrier électronique à un des Ordres Martinistes ayant une fenêtre sur internet. Le secrétariat  transmettra votre demande au au Groupe le plus proche de votre domicile et un contact sera établi. Votre demande sera exposée au Groupe, dont deux membres se dégageront éventuellement pour devenir vos Parrains.

(Toutefois, point d’hypocrisie, les candidatures cooptées ont sensiblement plus de probabilités d’aboutir à une acceptation, le candidat partant d’emblée avec un apriori favorable.)

Ensuite, la procédure peut varier sensiblement d’un Ordre ou d’un Groupe à l’autre. Dans certaines structures, l’on procède à des enquêtes sur le candidat, qui, généralement, se résument à une série de rencontres entre ce dernier et des membres du Groupe, ces enquêtes se concluant par un vote ou un simple débat parmi les membres du Groupe. Dans d’autres, la seule parole des Parrains suffit, ceux-ci s’étant assurés avec zèle que le candidat pourra s’insérer dans le Groupe sans en perturber l’harmonie.

Quelque soit la procédure suivie par le Groupe, chaque demande d’admission fait l’objet d’une attention très particulière, visant à cerner scrupuleusement les attentes du candidat, et à s’assurer que l’Ordre Martiniste sera à même d’y répondre.

Si le candidat a satisfait aux exigences requises par cette procédure, il sera convié à la Cérémonie d’Admission au premier degré, qui marquera le début d’un long et merveilleux Voyage. Dans certains Groupes, ces cérémonies peuvent être organisées à n’importe quel moment de l’année et selon les besoins, tandis que dans d’autres, elles n’ont lieu qu’à un moment bien précis du calendrier (par exemple, le 2ème samedi du mois de juin). Mais dans tous les cas, la patience sera de rigueur et les diverses étapes d’une candidature s’étalent sur une période allant en moyenne de trois à douze mois.

( 21 novembre, 2009 )

Liens Martinistes

 

L’Ordre Martiniste

Ordre International, dont le siège se trouve à Paris.

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L’Ordre Martiniste des Pays-Bas

Ordre International dont le siège se trouve à Amsterdam.

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Juridiction Française de l’Ordre Martiniste des Pays-Bas

Comme son nom l’indique.

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L’Ordre Martiniste des Rites Unis

Un des rares Ordres Martinistes dépositaire de la filiation Russe et continuateur de l’Oeuvre et de la Pensée du Frère Sâr Signifer.

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L’Ordre Martiniste Traditionnel

Ordre Martiniste dépendant de l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose+Croix.

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Les Conférences Particulières

Un blog Martiniste d’une grande richesse.

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Association de la Société Savante Amicale

Une approche contemporaine des sources du Martinisme.

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( 25 septembre, 2009 )

Esquisse biographique de Papus

Papus

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Le but n’est pas ici de donner une biographie exhaustive de Gérard Encausse, plus connu sous le nomen de Papus, mais bien d’exposer brièvement son parcours initiatique, ainsi que les circonstances dans lesquelles il fondera, avec l’assistance de quelques autres grands personnages, l’Ordre Martiniste, qui représente encore aujourd’hui, le deuxième courant Initiatique principal d’Occident, après la Franc-maçonnerie, en considérant que l’Ordre Martiniste est encore plus discret, si pas plus secret que la Franc-maçonnerie elle-même. 

Né le 13 juillet 1865 à La Corogne, en Espagne et confession chrétienne, Gérard Encausse se passionnera dès l’adolescence pour les Sciences Occultes et le domaine initiatique.  Une fois l’âge adulte atteint, on ne comptera plus le nombre de Cénacles Occultistes que Papus rejoindra ou fondera, nous retiendrons les plus importants tels la Société Théosophique en 1887, l’Ordre Kabbalistique de la Rose+Croix en 1888, l’Eglise Gnostique en 1892 ou encore le Rite Maçonnique de Misraïm en 1900. Autre fait très important est que Papus était un ami très proche d’Anthelme Nizier Philippe (1849-1905), plus connu en tant que le Maître Philippe de Lyon, qui deviendra très vite un très proche collaborateur de Papus, notamment dans la fondation de l’Ordre Martiniste.  (Il est toutefois très important de préciser que le Maître Philippe, ayant voué sa fidélité à l’Eglise Catholique Romaine, ne sera jamais Franc-maçon, Martiniste ou membre d’un quelconque Ordre Initiatique tiers).  Ce sera la rencontre de Papus avec Henri Delaage (1825-1882) qui marquera la genèse de l’Ordre Martiniste. Henri Delaage détenait une initiation, en réalité un dépôt initiatique qu’il avait reçu de son grand père, Clément Marie-Joseph Delaage(1785-1861) , disciple de Louis-Claude de Saint-Martin et membre de la Société des Intimes.  Papus reçut cette initiation des mains d’Henri Delaage, alors que celui-ci était sur son lit de mort, soit « un pauvre dépôt se composant uniquement de deux lettres et de quelques points ».

 On ne sait par contre rien de plus sur cette initiation Saint-Martinienne, ni même si elle fût rituelle ou s’étant limitée à une simple instruction orale (bien que la deuxième hypothèse semble la plus probable). 

Suite à cette transmission, Papus entreprit la fondation de l’Ordre Martiniste, principalement assisté des Frères Charles Detré (Téder) (???- ???) (qui ne fût toutefois pas membre du Suprême Conseil de l’Ordre au départ) et Augustin Chaboseau (1868-1946). C’est au Maître Philippe que l’on crédite la réalisation du Sceau de l’Ordre Martiniste, le fameux Pentacle, dont l’orthographe Martiniste correcte est « Pantacle » Il est aussi intéressant de noter qu’Augustin Chaboseau possédait une initiation similaire à celle qui avait été conférée à Papus par Henri Delaage, initiation que Chaboseau détenait d’une certaine Amélie de Boisse-Mortemart, qui fût un temps le professeur de piano du jeune Augustin. Il semblerait qu’il eut existé des Loges Martinistes pratiquant un Rite en sept degrés, reprenant notamment l’échelle des trois degrés de la Franc-maçonnerie Universelle, mais dont on ne retrouve aucune trace aujourd’hui. Les premiers rituels nous étant toujours accessibles sont ceux qui furent émis par le Suprême Conseil de l’Ordre Martiniste en 1913 et écrits par Téder. Ces rituels, couvrant quatre degrés étaient manifestement en pratique dans les Loges Martinistes en 1891. Ces rituels sont toujours ceux qui sont pratiqués de nos jours par les Groupes Martinistes (terme aujourd’hui plus usité au détriment de celui de « Loges »), mais en une forme épurée, ce qui ne les rend pas moins riches pour autant. Bien qu’il n’y ait jamais eu de sources claires à cet égard, il semble que sous Papus, l’Ordre Martiniste fût exclusivement masculins et ouverts uniquement aux Maîtres-Maçons. D’ailleurs, à cette époque, l’Ordre Martiniste évoluait dans le giron de la Franc-maçonnerie, et à certaines occasions, des Francs-maçons pouvaient prendre part aux Travaux des Loges Martinistes, cela n’étant plus admis de nos jours. 

Dès les premières versions de ces rituels, on remarquera une très forte influence du Rite Ecossais Rectifié, l’Ordre Martiniste se voulant, au même titre, constituer une Chevalerie Spirituelle, mais également la présence d’éléments du Rite Cohen, alors que l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen était en sommeil depuis les environs de 1780. Certaines sources affirmeront par la suite que Téder avait été initié dans l’Ordre des Elus Cohen. Cela semble en effet peu probable, car même si nous avons été dans l’impossibilité de trouver les années de naissance et de mort de Téder, on imagine mal comment il aurait pu avoir été initié dans un Ordre ayant existé environ un siècle plus tôt ! Et pourtant, l’influence Cohen est bien présente depuis le tout premier Suprême Conseil Martiniste de 1891, comment l’expliquer ? Robert Ambelain émettra plus tard une autre hypothèse, à savoir que Papus aurait reçu, dans le plus grand secret, une initiation théurgique émanant de l’Ordre des Frères Aînés d’Asie, société secrète qui aurait été en contact avec Martinez de Pasqually et son Ordre des Elus Cohen. Comme nous le verront dans un chapitre suivant, Robert Ambelain se servira des documents que possédait Papus sur l’Ordre des Frères Aînés d’Asie pour constituer son propre Ordre de la Rose+Croix d’Orient Astrale et Esotérique d’Egypte. 

(Je précise que le Frère Robert Ambelain explique le canal de la filiation émanant de l’Ordre des Frères Aînés d’Asie dans son célèbre « Sacramentaire Rose+Croix ».) Résumons donc les canaux possibles pour expliquer l’influence Cohen sur le Rite Martiniste : 

-Les initiations d’Henri Delaage et d’Augustin Chaboseau devaient au moins comporter une instruction orale transmettant certains symboles et instructions se rapportant aux Elus Cohen. Ou 

-Papus avait reçu un dépôt initiatique des Frères Aînés d’Asie, qui eux-mêmes en avait reçu une partie de Martinez de Pasqually. Revenons en désormais à l’Ordre Martiniste de Papus : ce système, encore aujourd’hui, se décompose en quatre degrés : « Associé », « Initié » ,« S.I. » (« Supérieur Inconnu » ou « Serviteur Inconnu ») et « S.I.I. » (« Supérieur Inconnu Initiateur » ou « Serviteur Inconnu Initiateur ») 

Comme dans le Rite Ecossais Rectifié, ce Rite Martiniste propose à l’individu d’assimiler le processus de la Réintégration par la Voie Cardiaque de Saint-Martin, et tout comme le propose la Franc-maçonnerie, de le faire au travers d’un long voyage symbolique et introspectif, qui amènera l’initié à mieux se connaître sous toutes ses facettes et ainsi à pouvoir évoluer de manière efficiente. Par contre, il est important de préciser que le Martinisme ne propose pas quatre initiations séparées, mais bien une et seule même initiation distillée en quatre parties, ce qui est fort différent ! 

Un autre fait intéressant est que, contrairement à un Franc-maçon, tenu de fréquenter une Loge, le Martiniste peut jouir d’une initiation dite « libre » lui étant conférée par un titulaire du quatrième degré et ce, sans avoir à fréquenter un Groupe. En effet, certaines personnes voient à raison le Martinisme comme un égrégore puissant dont elles désirent la protection pour entreprendre une Quête Intérieure individuelle. De manière plus pratique, cela permet à des personnes voyageant constamment de pouvoir être reçues en visite dans un Groupe ou qu’elles soient dans le monde. Notons toutefois que les initiations libres restent assez exceptionnelles. Après la mort de Papus à Paris en 1916, l’Ordre Martiniste tombera en sommeil pendant une courte durée, avant de réapparaître sous formes d’une multitude de branches, d’Ordres et d’obédiences, et surtout, beaucoup de Grands Maîtres, dont chacun s’instituera comme « seul légataire et dépositaire de l’Ordre de Papus ». Si c’est à cette même période que commenceront à apparaître certaines querelles d’obédiences, cette époque charnière marquera aussi le détachement complet du Martinisme par rapport à la Franc-maçonnerie et annoncera également l’ère de la mixité au sein des Groupes, unanimement adoptée de nos jours. 

Pour conclure ce chapitre, malgré quelques courants dissidents, le système de Papus en quatre degrés est celui qui est aujourd’hui encore pratiqué par plus de 90% des Groupes Martinistes à travers le monde, même y compris par certains Groupes et Ordres qui prétendent ne pas relever de la filiation Papusienne.    L’Ordre Martiniste est toujours très actif de nos jours, sous forme de diverses obédiences, comme c’est le cas en Franc-maçonnerie, et ce, dans bon nombre de pays du monde,  l’ère de l’internet  lui ayant insufflé un regain d’intérêt de la part du public. Les Martinistes sont des hommes et des femmes de Désir, adultes, mais de tout âge et de toutes les conditions, s’investissant d’une mission spirituelle envers leurs prochains et dans le but de contribuer à l’équilibre Universel, en œuvrant au Progrès et à la Réintégration de l’Humanité tout entière. 

( 25 septembre, 2009 )

Esquisse biographique de Louis-Claude de Saint-Martin

Louis-Claude de Saint-Martin 

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Louis-Claude de Saint-Martin, dit « Le Philosophe Inconnu » est né le 18 janvier 1743 à Amboise (France). Sous l’insistance de ses parents, Louis-Claude de Saint-Martin entreprendra des études d’avocat, métier qui ne l’intéressera jamais vraiment et qui le poussera, avec l’aide d’un ami, à s’engager dans une carrière militaire en tant que sous lieutenant à Bordeaux, dès 1765. Déjà l’époque, malgré sa décision de suivre la voie militaire, Louis-Claude de Saint-Martin cultivait un grand intérêt pour les questions Spirituelles et Esotériques. 

C’est au cours de cette même année 1765 que Louis-Claude de Saint-Martin fera la rencontre du Capitaine Grainville, qui le présentera à des Frères de l’Ordre des Chevaliers Francs-Maçons Elus Cohen de l’Univers, au sein duquel Saint-Martin sera bien vite Initié par Martinez de Pasqually lui-même. L’ascension de Louis-Claude de Saint-Martin au sein de l’Ordre sera fulgurante et il y atteindra bien vite le degré ultime de Réau Croix.  Louis-Claude de Saint-Martin quittera l’armée en 1771, pour devenir le secrétaire particulier de Martinez de Pasqually, et ce, jusqu’à la mort de ce dernier 1774. D’ailleurs, après le décès de son initiateur, Louis-Claude de Saint-Martin se fera force de terminer la formation des Frères Elus Cohen restants, dont celle de Jean-Baptiste Willermoz. Toutefois, dès cette période, il s’avérera que Louis-Claude de Saint-Martin entrevoyait déjà une méthode bien différente de celle employée par son Maître pour transmettre la Sagesse des Elus Cohen.  En effet, Louis-Claude de Saint-Martin se détournera bien vite de la voie rituelle extrêmement complexe de l’Ordre des Elus Cohen qui, à ses yeux, outre son caractère dangereux sur le plan vibratoire, n’était pas nécessaire pour accomplir la Réintégration.  Louis-Claude de Saint-Martin émit pour principe que la Réintégration pouvait s’accomplir par la Foi en Dieu, la Prière, par une conduite morale et civile irréprochable, par la bonté, la charité et l’étude, le tout, dans l’Amour, par et avec le Cœur….Etait alors décrétée la Voie Cardiaque

Louis-Claude de Saint-Martin cultivait en effet l’idée que l’Homme était lié à son Créateur et que celui-ci lui avait transmis tous les outils nécessaires pour œuvrer à sa propre Réintégration, sans avoir à s’aventurer dans les plans invisibles. Saint-Martin affirmait également que cette voie était ouverte à tous les hommes et femmes, et non restreinte à de rares initiés.C’est à la même période que Louis-Claude de Saint-Martin fonda la Sociétés des Intimes, qui était en fait un Cercle d’étude au sein duquel Saint-Martin transmettait oralement ses instructions à ses disciples. D’ailleurs, certains textes qui avaient été en premier lieu attribués à Saint-Martin sembleraient être en réalité des notes prises par certains de ses disciples lors des réunions de la Sociétés des Intimes. Il est aussi utile de préciser que certains auteurs, ainsi que les dignitaires de certains Ordres Martinistes et Cohen soutiennent que Louis-Claude de Saint-Martin aurait malgré tout continué de transmettre une initiation rituelle que l’on pourrait qualifier de  post-Cohen,  initiation qui serait revenue en France par le canal du Frère Augustin Chaboseau. Nous remarquerons juste que cette question est toujours matière à discussion, si pas à désaccord, entre certaines branches du Martinisme contemporain. Toutefois, d’une manière ou d’une autre, l’Oeuvre et les Idées de Louis-Claude de Saint-Martin seront la base et le ciment de l’Ordre Martiniste fondé sous l’égide de Papus dès 1891. 

(Pour notre part, si nous n’avons actuellement aucun moyen d’affirmer l’existence d’une filiation rituelle continue, mais également aucune raison de l’infirmer, nous dirons juste qu’il semble « étonnant » que Louis-Claude de Saint-Martin ait poursuivi à conférer des initiations rituelles après la mort de Martinez de Pasqually, alors qu’il a tant décrié ce processus dans son Œuvre, le jugeant fastidieux et inutile au regard de Dieu. Par contre, on peut remarquer, en faveur de cette théorie, que le Rite Martiniste comportera, dès la fondation du premier Suprême Conseil Martiniste par Papus en 1891, de fortes similitudes avec le Rite des Elus Cohen, en sommeil à l’époque et alors que le Manuscrit d’Alger n’apparaîtra que 64 ans plus tard, c’est-à-dire lorsque Robert Ambelain entrera en sa possession.)   

Dans les années qui précéderont sa mort terrestre qui surviendra le 13 octobre 1830 à Aulnay(France), Louis-Claude Saint-Martin rédigera un certain nombre de textes et de traités, dont les plus célèbres sont Le Nouvel Homme, Ecce Homo ou encore L’Homme de Désir.

Il est intéressant de préciser que beaucoup de ces textes sont du domaine public, ils peuvent donc être acquis gratuitement et légalement sur internet. 

Encore aujourd’hui, les Ecrits du Philosophe Inconnu continuent d’inspirer bon nombre d’hommes et de femmes de Désir et leurs permettent de s’engager sur la Voie Cardiaque. 

( 25 septembre, 2009 )

Esquisse biographique de Martinez de Pasqually

Martinez de Pasqually 

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La naissance de Martinez de Pasqually est toujours entourée d’un certain mystère, tant quant au lieu qu’à la date de cette dernière. On la situe donc aux alentours de 1727, et selon la source, Martinez de Pasqually serait né en France ou en Espagne. Notons toutefois qu’une Patente Maçonnique émise au père de Martinez de Pasqually par la Grande Loge des Stuarts en 1738 enregistre la naissance de ce dernier à Alicente (Espagne) en 1671. Il serait donc plus que probable que Martinez de Pasqually fût d’origine, si pas de nationalité espagnole ! 

Par contre, un fait semble acquis ; Martinez de Pasqually aurait passé la majorité de son existence en France, pays où son père s’était installé dès le début du XIIIème. 

Il demeure également un grand débat quant à la religion de naissance de Martinez de Pasqually, certains le voudraient comme ayant été élevé dans la foi chrétienne, tandis que d’autres le veulent juif. Nous dirons juste qu’il existerait des documents attestant du mariage du père de Martinez au sein d’une Eglise Catholique de Grenobles (France) dans les années 1710.

Qu’il fût Juif ou pas, Martinez de Pasqually fût un authentique Maître en Kabbale Hébraïque, système sur lequel il bâtira l’entièreté de son Œuvre. Martinez de Pasqually fît son entrée dans les milieux initiatiques peu avant la mort de son père, lorsque ce dernier l’initiera aux Mystères Maçonniques, tout en prenant soin de lui léguer la Patente qu’il avait reçue de la Grande Loge des Stuarts.  Aux alentours de 1750, maîtrisant désormais l’Art Royal et étant prémuni de la Patente léguée par son père, Martinez de Pasqually se mettra à parcourir la France et à visiter une multitude de Loges Maçonniques, dont certaines travaillant sous l’Obédience du Grand Orient de France.  Déjà à l’époque, Martinez de Pasqually avait élaboré sa théorie de la Réintégration, selon laquelle la Dieu a créé l’Homme à son image et dont le but sur cette terre est de remonter à Dieu par l’acquisition de la Connaissance de tous les plans de la réalité, visibles et invisibles.   Au fil de ses Voyages Maçonniques, Martinez de Pasqually se mettra à élaborer la mise en place d’un Ordre Secret qui permettra de transmettre les Outils Symboliques et Opératifs nécessaires à l’accomplissement de la Réintégration. Martinez de Pasqually nommera cet Ordre « Les Chevaliers Francs-maçons Elus Cohen de l’Univers », plus communément nommé « Chevaliers Maçons Elus Cohen » ou encore « Ordre des Elus Cohen ».  L’Ordre fondé par Martinez de Pasqually se base sur un Rite décomposé en sept « hauts grades » Maçonniques uniquement accessibles aux Maîtres-Maçons issus de la Franc-maçonnerie « classique » :« Apprenti Cohen »  « Compagnon Cohen » ,« Maître Elu Cohen »,« Grand Maître Elu Cohen » « Grand Elu de Zorobabel » et « Réau Croix »   

Une fois son système définitivement mis au point, Martinez de Pasqually se mettra à recruter et à initier parmi les contacts établis au sein des Loges Maçonniques qu’il avait visitées, en s’assurant que les candidats potentiels manifestaient, outre la Foi en Dieu, une solide connaissance de la Kabbale et de la Théurgie, « essences » du Rite Cohen.  Contrairement aux Rites Maçonniques en vigueur à cette époque, le Rite des Elus Cohen se voulait Opératif et Théurgique. Il ne relevait donc plus uniquement du symbolique et ses rituels et symboles y étaient considérés comme des Outils religieux et cérémoniels permettant à l’initié d’entrer en communication avec les plans invisibles, dont avec les Anges (Théurgie).  Outre les rituels pratiqués en Loge, le Rite des Elus Cohen fût le premier à accorder une place prépondérante à la pratique rituelle en solitaire. En effet, les réunions en Loge étaient plutôt rares, mais chaque membre de l’Ordre devait effectuer diverses Oraisons de manière quotidienne, mais devait aussi accomplir de longues et complexes Opérations Théurgiques aux dates transmises par son initiateur, celui-ci ayant le pouvoir de vérifier rituellement que les opérations ont été dûment accomplies, permettant ainsi d’accorder tel ou tel degré supérieur à l’initié. 

Les sources actuellement disponibles, dont le fameux Manuscrit d’Alger, restent plutôt énigmatiques en ce qui concerne le degré de Réau Croix, tel qu’il était conféré sous l’égide de Martinez de Pasqually. Cela portant à croire qu’à cette époque, l’humain ne jouait plus aucun facteur quant à l’accès au degré, ou plutôt à l’état de Réau Croix. En effet, il semblerait que pour y accéder, le Grand Elu Zorobabel accomplissait une longue et fatigante Opération rituelle de la tombée de la nuit au lever du jour et que si cette dernière avait été correctement effectuée, il recevait la « Passe », soit la transmission de la part de l’Ange patronnant l’Opération, ainsi que les instructions nécessaires pour se faire reconnaître comme Réau Croix auprès de ses pairs. 

La durée du premier cycle d’existence de l’Ordre des Chevaliers Francs-maçons Elus Cohen fût de courte durée. Cependant, pendant cette période, le Grand Orient de France s’intéressera à ce Rite, voyant même un Grand Tribunal Cohen se former à Paris en 1770. A cette époque, il semblerait que l’Ordre des Elus Cohen comporta plusieurs Loges dans les grandes villes de France, Loges, dont on ne retrouvera guère de traces par la suite. Et pour cause, le Grand Orient de France, se tournant déjà peu à peu à l’époque vers la cause laïque (si pas athéiste) et républicaine, se désintéressera bien vite de la portée Spiritualiste et Religieuse cultivée par l’Ordre fondé par Martinez de Pasqually et cessera bien vite d’y apporter son soutien matériel, et surtout, sa caution morale.  Toutefois, pendant la même période, Martinez de Pasqually initiera ses deux principaux disciples et continuateurs, à savoir Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz. 

Martinez de Pasqually partira s’installer à Saint-Domingue en 1772, tout en continuant à envoyer certaines instructions à ses disciples restés en France, dont son fameux « Traité de la Réintégration des Êtres. »  Certaines sources, assez obscures prétendent que Martinez de Pasqually aurait constitué quelques Loges à Saint-Domingue et en Haïti, il aurait également reçu certaines Initiations, dont celle du Vaudou de la Main Droite, excluant les sacrifices d’âmes et de sang. Toutefois, s’il existe aujourd’hui quelques acteurs se réclamant de cette filiation « Haïtienne », il existe peu de traces réelles de cette dernière. Mais nous savons aussi que l’histoire, en tant que discipline scientifique, n’est pas à même de démontrer tous les canaux de transmission, puisqu’elle se refuse à certaines interprétations qu’elle considère comme déraisonnables. 

Contrairement en ce qui concerne sa naissance, on connaît la date de la mort terrestre de Martinez de Pasqually, à savoir le 20 septembre 1774, survenue à Saint-Domingue. Par contre, sa tombe n’a jamais pu être localisée ou identifiée avec certitude. L’Ordre des Chevaliers Francs-Maçons Elus Cohen de l’Univers tombera, quant à lui, progressivement en sommeil dans les années qui suivront les décès de Martinez de Pasqually. 

( 25 septembre, 2009 )

Ordre Martiniste et Franc-maçonnerie, Franc-maçonnerie et Ordre Martiniste

Ordre Martiniste et Franc-maçonnerie, Franc-maçonnerie et Ordre Martiniste 

Voici un sujet pour le moins « brûlant » qui continue encore aujourd’hui à faire couler beaucoup d’encre.

Nous remarquons également qu’il existe une certaine confusion entre la Franc-maçonnerie et l’Ordre Martiniste dans le chef de bon nombre de dits « profanes ».

Certains ouvrages médiocres sur la Franc-maçonnerie accordent d’ailleurs un ou plusieurs chapitres au Martinisme sans marquer aucune réelle distinction entre ces deux mouvances. De manière plus regrettable, nous remarquons également que certains Ordres Martinistes se complaisent à entretenir cette ambiguïté, et ce, par pur prosélytisme.

Oeuvrons donc à rétablir un certain équilibre, une certaine vérité :

Premièrement, s’il fût entouré par bon nombre de Francs-maçons pour constituer les bases de son Ordre, Papus n’était pas encore Franc-maçon en 1888, et ne le deviendra qu’en 1900, lorsqu’il sera Initié au sein de la Loge Parisienne « L’Arc En Ciel », qui travailla jadis au Rite Maçonnique de Misraïm (notons également que Papus recevra plus tard les hauts grades du Rite de Memphis-Misraïm par « Communication », c’est-à-dire au travers d’une Charte, et non par succession d’Initiations rituelles).

Lorsque nous nous penchons sur les premiers rituels de l’Ordre Martiniste qui ont été officiellement publiés pour la première fois en 1913 et qui avaient été rédigés par Téder, nous pouvons penser qu’au départ, l’Ordre Martiniste était exclusivement masculin et ouverts aux seuls Maîtres-Maçons. D’ailleurs, toujours selon les instructions de Téder, le candidat à l’Admission au sein de l’Ordre devait passer un sévère examen sur les Symboles et rituels de la Franc-maçonnerie Symbolique (« Apprenti », « Compagnon » et « Maître »), tout comme il semble que le symbolisme de certains hauts grades Maçonniques eut jadis fait partie du « cursus » relatif aux quatre degrés de l’Ordre Martiniste.

Dans son ouvrage de 1913, Téder fait également référence à un Rite Martiniste intégrant les trois degrés de la Franc-maçonnerie Universelle, auxquelles viennent se superposer quatre degrés chevaleresques, largement inspirés de la Stricte Observance Templière et du Rite Ecossais Rectifié de Jean-Baptiste Willermoz. On ne trouve malheureusement aucune trace de ce Rite Martiniste en sept degrés, que ce soit au niveau des rituels ou d’éventuelles Loges qui l’auraient pratiqué.

En revenant de nouveau aux Rituels publiés en 1913, nous remarquons que ceux-ci empruntent énormément aux Thèmes Symboliques et Allégoriques du Rite Ecossais Rectifié. Nous remarquons également que ces rituels furent autrefois très complexes, faisant appel à un décorum très impressionant…Et peu pratique !

Depuis, ces Rituels ont été révisés, afin de les rendre plus accessibles, moins alambiqués, tout en préservant toute leur sève initiatique, si riche au demeurant.

D’un point de vue Maçonnique, le premier degré de l’Ordre Martiniste, « Associé », correspondrait au 4ème degré du Rite Ecossais et Accepté qu’est « Maître Secret ». Au delà, certains accorederaient correspondance entre le degré Martiniste d’« Initié » à celui de « Chevalier Rose+Croix », 18ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté, tandis que le degré Martiniste de « S.I. » serait équivalent à celui de « Souverain Grand Inspecteur Général », cer dernier étant le 33ème et ultime degré du Rite Ecossais Ancien Accepté. D’ailleurs, le tout premier Suprême Conseil Martiniste permettait, sous le couvert d’un protocole très précis et ponctuel, à des Francs-maçons du 18ème et du 33ème degré de prendre part à certaines Réunions Martinistes. Précisons que cette option n’a plus cours de nos jours.

Nous conseillons d’ailleurs à toute personne intéressée par l’Ordre Martiniste de ne pas s’attarder sur ces comparaisons pour l’instant. Rejoindre l’Ordre Martiniste ne fait pas de vous un(e) Franc-maçon(ne) et à ce titre, votre appartenance Martiniste ne vous permettra pas de visiter des Loges Maçonniques. L’inverse est également vrai.

Une comparaison plus raisonnable sera que l’Ordre Martiniste peut être qualifié de « Maçonnerie Théosophique » ou encore de « Maçonnerie Illuministe », mais en aucun cas, il ne faut confondre « Maçonnerie » et « Franc-maçonnerie », cette dernière requérant la pratique des  degrés d’«Apprenti », « Compagnon » et « Maître », selon un mode rituel, Symbolique et Allégorique bien précis, se rapportant d’une part à la Légende d’Hiram, et de l’autre, aux Usages des Corporations des Maçons Opératifs du Moyen Âge, ce qui n’est pas le cas de l’Ordre Martiniste.

On ne pourrait également pas nier certaines ressemblances et quelques usages communs à l’Ordre Martiniste et à la Franc-maçonnerie ; rituels basés sur le mode « demande-réponse », emploi de poignées de main secrètes, d’attouchements, de signes, de mots-de passe, quelques symboles communs (Colonnes, Bandeau, Voyages Symboliques…) etc.

Un autre constat est que bon nombre de Frères et Sœurs ont la double appartenance, étant à la fois membres de l’Ordre Martiniste et Francs-maçons, et vice versa.

Encore aujourd’hui, s’ils sont toutefois très rares, certains Ordres Martinistes exigent que leurs candidats soient exclusivement recrutés parmi les rangs de la Franc-maçonnerie.  Bien que la Franc-maçonnerie constitue, sans le moindre doute,  une des meilleures méthodes d’apprentissage du symbolisme, nous rappelons que la Véritable Voie Cardiaque se doit normalement d’être ouverte à tout un chacun, à tout Être de Désir, qu’il soit Franc-maçon ou non. Après, chacun est libre de se faire sa propre opinion…

Notre conclusion sera que si l’Ordre Martiniste et la Franc-maçonnerie constituent des voies « cousines » et complémentaires, il s’agit toutefois de deux mouvances distinctes l’une de l’autre au sein desquelles chaque individu peut évoluer de manière totalement indépendant de l’une par rapport à l’autre.

( 25 septembre, 2009 )

Le Martinisme et l’Eglise Primitive

Le Martinisme et l’Eglise Primitive 

Tout d’abord, le terme « Eglise Primitive » représente deux concepts, totalement différents.

Le premier se veut historique et désigne une Eglise « pré-apostolique » qui aurait existé. Mais comme ici n’est pas notre propos, vous pouvez cliquer sur le lien ci-dessous au cas où vous voudriez  en savoir un peu plus sur cette notion :

Postulat Historique de l’existence de l’Eglise Primitive

La deuxième notion, et c’est celle-là qui ici nous intéresse, se réfère à l’Eglise dite « Intérieure ».

Cette notion fait référence à la relation existante entre le Macrocosme et le Microcosme, et qui peut être notamment illustrée par ces deux Principes bien connus :

« Tout ce qui est en Haut est comme Tout ce qui est en Bas.» 

« Dieu a créé l’Homme à Son Image. » 

« L’entrée » dans cette Eglise relève de notre propre volonté. Nous pouvons toutes et tous entrer dans notre propre Temple Intérieur, dans notre propre Eglise par l’Oraison. Pour cela, on ne se limitera pas à réciter un Texte de Prière déjà existant, mais on s’appliquera à parler, à prier avec notre Cœur, que ce soit de manière orale ou par le biais d’une méditation silencieuse.

C’est en effet en établissement un dialogue avec notre Moi Intérieur que nous pourrons ensuite dialoguer avec le Divin.

« Aide-toi et le Ciel t’aidera ». 

La pratique d’Oraisons régulières (par exemple quotidiennes), couplée avec une profonde observation du Monde, peut mener l’individu à un état très particulier dans lequel des Vérités se révéleront d’elles-mêmes à l’individu. C’est ce que l’on nomme l’Etat d’Illumination.

« Connais-toi et tu connaîtras les Dieux ». 

Cette technique peut sembler bien trop simple, voire simpliste aux yeux de certains, et pourtant, elle est vraiment très efficace pour celui ou celle qui s’y adonne avec tout son Cœur, avec toute sa dévotion.

De ce fait, le rapprochement entre la Pensée Martinéziste-Martiniste est réel, puisque Martinez de Pasqually conseillait des méthodes semblables, méthodes sur lesquelles insista beaucoup Louis-Claude de Saint-Martin dans son Œuvre, si bien que l’on peut parler de « Prière Saint-Martinienne ».

L’Oraison, menant à l’Eglise Intérieure, fait partie intégrante et primordiale de la Vie Initiatique et Spirituelle de tout Martiniste, qu’il soit indépendant ou membre d’un Ordre.

Toutefois, la notion spirituelle de l’Eglise Primitive n’est pas l’apanage exclusif de la Mouvance Martinéziste et/ou Martiniste. Cette Voie Intérieure étant, au même titre que la Voie Cardiaque, ouverte à tous les Êtres en quête de Lumière.

Pour terminer, notons également que de grands auteurs Illuministes tels que Jacob Böhme ou encore Helena Blavatsky accordent également une place prépondérante à l’Eglise Primitive dans leurs Œuvres respectives.

Si le Martinisme peut être rattaché à l’Eglise Primitive, il n’est en aucun cas la seule manifestation de celle-ci.

( 25 septembre, 2009 )

Le Martinisme, une Eglise?

Le Martinisme, une Eglise ? 

Comme nous le savons, le Martinisme ne constitue pas une religion, et ne saurait donc être apparenté à une Eglise.

Toutefois, certains Ordres (ou obédiences) se sont « associés » à certaines Eglises, l’exemple le plus connu étant lorsque l’Ordre Martiniste de Papus décréta en 1911 que l’Eglise Gnostique Universelle devait être considérée comme « L’Eglise officielle du Martinisme », l’Ordre passant d’ailleurs un traité d’amitié avec cette Eglise.

Cette « alliance » (aujourd’hui révolue, précisons-le) ne fût pas au goût de tous, beaucoup craignant des ingérences entre les deux organisations, qui eurent d’ailleurs plus ou moins lieu. Ceci fût une raison, parmi d’autres, qui poussa des membres de l’Ordre de Papus à se détacher de ce dernier afin de fonder de nouvelles structures Martinistes totalement indépendantes.

Si aujourd’hui, beaucoup d’Ordres Martinistes sont totalement indépendants de toute structure tierce, certains sont toujours en relation étroite avec certaines Eglises, on pense notamment à l’Ordre Martiniste dit « de Lyon », qui affirme toujours son attachement à l’Eglise Gnostique Apostolique, ou encore à l’Ordre Martiniste des Pays-Bas, qui n’a jamais fait mystère de sa « proximité » avec l’Eglise Catholique Libérale.

Encore aujourd’hui, ce constat ne fait pas l’unanimité parmi les Martinistes, bien qu’en réalité, cela ne pose pas de problème tant qu’il n’y a pas d’ingérence entre un Ordre Martiniste et une Eglise.

Par exemple, un Ordre Martiniste qui exigerait de ses membres qu’ils fassent également partie de telle ou telle Eglise porterait non seulement atteinte à la Liberté Individuelle, mais poserait également une forte contradiction avec les idéaux véhiculés par la Voie Cardiaque, qui se veut ouverte à tous les Êtres de Désir, en toute Liberté religieuse et philosophique. Pourrait-on alors toujours parler d’un Ordre véritablement Martiniste ?

Fort heureusement, les cas de dérives sont très rares, et nous tenons à préciser que les Ordres cités dans cet article n’exigent pas que leurs membres évoluent également au sein de l’une ou l’autre Eglise.

Le véritable Martinisme ne saurait en aucun cas être inféodé à une Eglise ou toute autre organisation tierce (Maçonnique, Rosicrucienne etc.).

Toutefois, certains auteurs ont rattaché le Martinisme à l’Eglise Primitive, voyons ce qu’il en est en cliquant sur le lien ci-dessous :

 « Le Martinisme et l’Eglise Primitive »

( 4 juin, 2009 )

Rituel Martiniste de la Saint-Jean d’été

Rituel Martiniste de la St Jean d’été

Les travaux sont ouverts selon les rituels de l’ordre.

INITIATEUR

 Mes adelphes, vous êtes réunis pour fêter le solstice, la saint Jean d’été.

F Orateur

Nous fêtons une plénitude, et un déclin.

Nous célébrons deux fonctions traditionnelles symbolisées par

l’effacement de Jean le Baptiste et l’apparition de Jean l’Evangéliste.

Nous fêtons l’épi d’or et la graine qui sera posée au sein de la terre.

INITIATEUR

F. Secrétaire pourquoi les Martinistes fêtent-ils Jean l’Evangéliste ?

F Secrétaire

C’est un appel à la mémoire. Les hommes oublient celui qui est venu

indiquer le chemin, et ceux qui nous ont précédé pour aplanir notre chemin.

Jean a réuni des ouvriers dispersés, il les a mis au travail sur le

chantier du grand architecte.

INITIATEUR

F. Secrétaire., qui fut Jean le Baptiste ?

F Secrétaire

F I, Le Baptiste naquit selon la tradition au solstice d’été.

L’Evangile de Jean dit :

 Jean 3.30 « Il faut qu’il grandisse et que moi, je diminue. »

INITIATEUR

F. Orateur., où est votre place dans notre temple ?

F Orateur

Au midi.

INITIATEUR

Pourquoi mon F. ?

F Orateur

Je marque la position du soleil à son zénith. C’est l’heure où l’ombre

est la plus courte sur notre terre.

INITIATEUR

F. Orateur, quelle porte ouvre le pantacle à l’orient ?

F Orateur

La porte des Dieux ! Je l’ai passée pour venir aider les hommes, mes

adelphes. Celui qui l’ouvre et qui la ferme est Jean l’Evangéliste dont

nous célébrons la fête au solstice d’hiver, quand le soleil est au plus

haut dans sa course vers le Nord, au plus bas dans sa course vers le Sud.

INITIATEUR

F. Orateur. Qui est ce Jean l’Evangéliste ?

F Orateur

Jean 21.20

Pierre s’étant retourné vit derrière lui le disciple que Jésus aimait,

celui qui, au cours du repas, s’était penché vers sa poitrine et qui

avait dit : «Seigneur, qui est celui qui va te livrer» ?

Jean 21.21

Quand il le vit, Pierre dit à Jésus : «Et lui, Seigneur, que lui

arrivera-t-il» ?

Jean 21.22

Jésus lui répondit : «Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne,

que t’importe? Toi, suis-moi».

INITIATEUR

F. Secrétaire, où est votre place dans le temple ?

Secrétaire

Au Nord, F I.

J’observe ainsi les allées et venues par la porte d’Occident. Les

Adelphes la franchissent pour aller étudier le monde.

INITIATEUR

F. Secrétaire, qui les guide dans ce voyage ?

F Secrétaire

Ils quittent le temple sous le signe de celui dont nous célébrons la

fête en ce solstice d’été : Jean le Baptiste ou le Précurseur, celui qui

aplanit le chemin.

Ils vont vers le Grand Inconnu.

Jean vint rendre témoignage de la Lumière.

Ainsi, dans le monde profane, sommes-nous destinés à être les témoins de

la Lumière.

Jean le précurseur est fêté au moment où le soleil est au plus haut dans

sa course vers le sud, au plus bas dans sa course vers le nord.

INITIATEUR

F. Secrétaire, qui nous soutient dans ce long et périlleux voyage ?

Secrétaire

Le Martiniste est ouvert au ciel, à la Terre, aux hommes, à lui-même. Il

brûle du désir de comprendre le comment du fardeau de l’homme et accepte

les petits bonheurs qui sont offerts sur le chemin de la vie.

INITIATEUR

F. Secrétaire, que cherchons-nous ?

Secrétaire

Trois étoiles, F I

Je cherche l’étoile de la fraternité.

INITIATEUR

Quelle est cette Etoile ? Où brille t-elle dans le ciel ?

Secrétaire

Rouge, l’Etoile brille à l’Occident. C’est l’étoile du matin.

C’est aussi l’Etoile du soir, sa couleur est bleue au déclin du jour.

Elle est le Hé qui figure deux fois à l’Orient.

A chaque crépuscule, elle se rapproche du Nord. Elle est la Reine de la

Nuit, Dame du Ciel, Régente de la Terre.

F Orateur

Je cherche l’étoile de l’égalité ; l’étoile polaire est le centre à

partir duquel tout se coordonne.

Selon une tradition, le caractère qui figure au centre de l’étoile

signifie Unitas, l’unité.

La marche à l’étoile est le retour vers l’unité, vers le principe.

A l’orient, figure la lettre yod.

Elle se prononce parfois IAH.

INITIATEUR

Je cherche l’étoile de la liberté.

Je la trouve quand Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les

bons.

Le shin symbolise le siège tangible du soleil mystique, centre de l’univers.

Orateur

Jean 1.5

 et la lumière brille dans les ténèbres,

F Secrétaire

et les ténèbres ne l’ont point comprise.

INITIATEUR

Nous sommes les enfants de la lumière.

INITIATEUR

Où est la place du F I ?

F Orateur

A l’Orient, mon F I, entre celui qui est venu (Moïse ; le maître passé)

et celui qui doit venir (Elie ; le maître inconnu).

Jean aux 2 visages se tient dans l’instant insaisissable du présent,

entre le passé qui n’est plus et le futur qui n’est pas encore.

Il est le maître de la voie ascendante et de la voie descendante.

INITIATEUR

Mes Adelphes, avant de nous séparer, je vous demande de penser à nos

Adelphes qui sont éloignés, aux malades, aux malheureux, à ceux qui se

sont égarés dans les ténèbres, à ceux qui, dispersés, travaillent chaque

jour à multiplier les bienfaits dont le Martinisme est le dispensateur.

Silence.  Méditation ou prière du cœur ou concentration sur la lettre Vav

INITIATEUR

Mes adelphes la leçon des solstices est telle que si le monde est

l’effet du Verbe, la nature est le symbole de la réalité.

Le miroir nous apprend que le monde de la manifestation est le reflet

d’un autre.

L’image de la main gauche est une main droite, car ce qui est en haut

n’est pas ce qui est en bas, mais comme ce qui est en bas.

Le Verbe est parole à l’extérieur, pensée à l’intérieur.

Le Verbe est témoin de la Lumière de l’Esprit et de la *flamme* au coeur

du Martiniste.

Mes adelphes, debout et à l’ordre.

Le F I. allume des flambeaux au flambeau des maîtres passés et les

transmets aux adelphes présents.

INITIATEUR

Remettant, en premier, la flamme au trésorier Hospitalier

3 Jean 0.5

Cher Frère, tu agis selon ta foi dans les soins que tu prends pour les

Sœurs et les Frères.

3 Jean 0.6

Ils ont rendu témoignage à ta charité. Tu agiras bien en pourvoyant à

leur mission d’une manière digne de Dieu.

3 Jean 0.7

Car c’est pour le Nom qu’ils se mettront en route…

Mon frère Hospitalier, en quittant le temple, tu laisseras la flamme sur

ton siège, nos adelphes pourront se souvenir de ce symbole, et se

tourner vers toi en cas de besoin matériel.

L’hospitalier acquiesce par le signe du silence.

Ensuite :

INITIATEUR

Que chacun reçoive le symbole du grand architecte, et qu’il l’utilise

selon les besoins de l’ordre, du groupe, de ses adelphes sans jamais

s’oublier lui-même. Vous emporterez avec vous ce symbole, puisque vous

avez encore à travailler pour connaître et servir la charitas !

CLOTURE selon les rituels de l’ordre.

L’hospitalier reste silencieux.

( 22 avril, 2009 )

La Doctrine de Louis-Claude de Saint-Martin (auteur inconnu)

La Doctrine de Louis-Claude de Saint-Martin 

Saint-Martin s’attacha à cette idée de Boehme et de Pasqually qu’il y a deux désirs issus de deux volontés, l’un puise l’énergie de l’âme dans la matière, l’autre utilise la matière pour infuser l’âme en lui permettant de se manifester dans cette matière qui se trouve par le fait spiritualisée. Au-delà du dualisme Esprit-Matière, Saint-Martin recherche l’unité de Dieu, de l’homme et de l’univers, la conscience de l’Unité est celle de la Réintégration. Tous les domaines de l’activité humaine doivent devenir resplendissants de la lumière divine, l’intelligence active de SOPHIA. Cette lumière se trouve dans le cœur de l’homme et il lui faut descendre en lui-même pour la trouver. Il en trouvera aussi le reflet dans le langage des choses, son esprit lui permet de saisir leur nature profonde par une gnose intime sur les nombres et les figures, les sociétés, les langues, les mythologies et traditions, les sciences de la nature, tout parle ou joue dans une orchestration harmonieuse pour celui qui entrevoit la clé de l’Unité des Mondes.

L’homme occupe une place centrale dans l’Univers et c’est la connaissance de lui-même qui peut, seule, lui donner la compréhension et le pouvoir. Ce qu’il faut découvrir en nous, c’est le modèle homme, c’est-à-dire le Christ. Christ est le sauveur historique, mais aussi et surtout celui qui a montré la voie a déposé dans l’humanité le germe christique qu’elle doit faire éclore pour sa Réintégration.

L’instrument de cette Réintégration, c’est la Volonté. Saint-Martin partageait les préoccupations scientifiques de son époque, il s’agit pour lui de faire coïncider science et inspiration. Pourtant, il s’élève contre l’esprit encyclopédique avec beaucoup de talent et d’humour dans sa nouvelle « Le Crocodile ». Sa position est celle de René Guénon dans « Le Règne de la Quantité » ou celle du Maître spirituel contemporain Krisnamurti qui dit qu’en fin de compte, on doit rejeter tous les livres, même les siens, pour trouver la Connaissance en soi-même. « La chair est triste, hélas, et j’ai lu tous les livres », clame Mallarmé quand Proust prétend que la littérature est au seuil de la vie spirituelle. Science, art, littérature, rien n’est inutile aux yeux des grands Maîtres spirituels qui ont souvent pratiqué ces disciplines, mais il importe pour le mystique de dissocier la fin et les moyens. « L’intellect fut une aide, l’intellect est l’entrave » dit Sri Aurobindo. Tout ce qui sert à franchir une étape vers le but doit ensuite être dépassé, même la volonté, si l’on en croit encore Sri Aurobindo « L’effort fut une aide, l’effort est une entrave ». Cependant, ce rejet n’est pas total, c’est un dépassement.

Aurobindo s’intéressa aux questions de littérature et de politique jusqu’à sa mort. Une fois que l’être a réalisé son union avec SOPHIA, qu’il a réalisé les noces chymiques, art, science, littérature ou action sociale ne lui sont plus nécessaires mais peuvent continuer à entrer dans le libre jeu de sa conscience de libéré vivant. Ramakrisna, après s’être réalisé selon une voie spirituelle particulière, recommença tout le cheminement entrant à nouveau volontairement dans le processus de l’ignorance et du dévoilement (1).

Lorsque Saint-Martin s’est penché sur les écrits de Boehme, on peut se demander s’il avait véritablement quelque chose à apprendre du théosophe allemand. Il semble plutôt qu’il ait voulu s’inspirer de Boehme pour perfectionner sa propre formulation de la vérité. En fait, la pensée Martiniste comporte une vive critique de l’abus des pouvoirs intellectuels qui limite l’intelligence à la seule approche rationnelle et objective. L’intellectualisme, l’érudition gratuite, le scientisme étroit orientent la conscience dans la voie de la séparativité, de la complexité croissante, du dessèchement analytique. Les vrais mouvements de la conscience intérieure sont alors voilés par l’ego qui manifeste en réalité une peur secrète de l’inconnu et une inquiétude profonde. Cette leçon nous est donnée par Balzac dans « La Recherche de l’Absolu » et « Louis Lambert » comme nous le verrons.

De Saint-Martin, du fait de son inclination littéraire et de sa formation kabbalistique chez les Elus Cohen, était sensibilisé au problème du langage. L’approche mystique du langage est une tentative humaine pour retrouver la Parole Perdue, la vibration primordiale du Logos créateur. A travers la poésie et la littérature, le langage dégagé de sa fonction utilitaire matérielle, s’il n’est pas mis au service de l’observation mentale ou d’un inconscient crépusculaire, devient une approche du verbe angélique, cette sorte de communication supérieure qui était l’apanage de l’homme dans son état d’avant la chute. Au-dessus de tous les arts, le langage divin qui est accordé à l’homme comme moyen de régénération, c’est la musique. Saint-Martin lui-même, outre qu’il était un littéraire non dépourvu de talent et de style, était également un violoniste très épris par son art. La philosophie martiniste conduit naturellement à une théorie de l’art et une pratique de l’art pour celui qui considère que c’est là son champ d’activité au service de tout.

Il y a d’autres domaines d’application de la philosophie martiniste dont l’un est le service social. Un travail en vue d’établir une plus grande justice dans la société afin qu’elle accomplisse le dessein évolutif prévu pour la collectivité humaine dans le plan de la Divinité. L’idéal utopique est une caractéristique marquante de l’idéologie martiniste. L’utopie sociale fait partie de l’attente eschatologique de nombreux peuples et religions, juifs, chrétiens, musulmans, hindous (2). Pour beaucoup d’ésotéristes, l’âge d’or devrait être retrouvé et coïncider avec une transformation du rapport de l’homme à la matière se caractérisant par une nature régénérée par l’esprit (3) et une influence marquante du Principe de la Mère Cosmique à travers un nombre croissant de grandes Initiées et Avatars de sexe féminin. D’ailleurs, même dans la mythologie marxiste, on s’est beaucoup intéressé au rôle libérateur de la femme. Les sociétés primitives du matriarcat d’après Marx et Engels étaient sans classes et sans aliénation et la société communiste future sera cet âge avec une société sans Etat. L’âge d’or comprend l’utopie sociale mais aussi une régénération de la nature par l’œuvre de l’homme, grâce aux arts et aux sciences mais aussi une transformation spontanée de la nature elle-même qui se fait œuvre d’art. « Oh ! comme ils seront beaux les nouveaux cieux et la nouvelle terre, puisque les formes y seront régulières et qu’elles changeront leur difformité contre la perfection même », prophétise L. C. de Saint-Martin. Tout n’a pas été dit, loin de là, sur le « Philosophe inconnu ». Il nous faut maintenant aborder Jacob Boehme et Swedenborg pour une vision complète du mysticisme martiniste. (1) Lire « La vie de Ramakrishna » de Romain Rolland
(2) Dans la tradition Rose-Croix, nous retiendrons surtout « La République » de Platon et « La Nouvelle Atlantide » de Sir Francis Bacon, chancelier de la reine et Impérator Rose-Croix.
(3) INRI

Nous contacter : serviteurs.inconnus@live.be

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