( 4 juin, 2009 )

Rituel Martiniste de la Saint-Jean d’été

Rituel Martiniste de la St Jean d’été

Les travaux sont ouverts selon les rituels de l’ordre.

INITIATEUR

 Mes adelphes, vous êtes réunis pour fêter le solstice, la saint Jean d’été.

F Orateur

Nous fêtons une plénitude, et un déclin.

Nous célébrons deux fonctions traditionnelles symbolisées par

l’effacement de Jean le Baptiste et l’apparition de Jean l’Evangéliste.

Nous fêtons l’épi d’or et la graine qui sera posée au sein de la terre.

INITIATEUR

F. Secrétaire pourquoi les Martinistes fêtent-ils Jean l’Evangéliste ?

F Secrétaire

C’est un appel à la mémoire. Les hommes oublient celui qui est venu

indiquer le chemin, et ceux qui nous ont précédé pour aplanir notre chemin.

Jean a réuni des ouvriers dispersés, il les a mis au travail sur le

chantier du grand architecte.

INITIATEUR

F. Secrétaire., qui fut Jean le Baptiste ?

F Secrétaire

F I, Le Baptiste naquit selon la tradition au solstice d’été.

L’Evangile de Jean dit :

 Jean 3.30 « Il faut qu’il grandisse et que moi, je diminue. »

INITIATEUR

F. Orateur., où est votre place dans notre temple ?

F Orateur

Au midi.

INITIATEUR

Pourquoi mon F. ?

F Orateur

Je marque la position du soleil à son zénith. C’est l’heure où l’ombre

est la plus courte sur notre terre.

INITIATEUR

F. Orateur, quelle porte ouvre le pantacle à l’orient ?

F Orateur

La porte des Dieux ! Je l’ai passée pour venir aider les hommes, mes

adelphes. Celui qui l’ouvre et qui la ferme est Jean l’Evangéliste dont

nous célébrons la fête au solstice d’hiver, quand le soleil est au plus

haut dans sa course vers le Nord, au plus bas dans sa course vers le Sud.

INITIATEUR

F. Orateur. Qui est ce Jean l’Evangéliste ?

F Orateur

Jean 21.20

Pierre s’étant retourné vit derrière lui le disciple que Jésus aimait,

celui qui, au cours du repas, s’était penché vers sa poitrine et qui

avait dit : «Seigneur, qui est celui qui va te livrer» ?

Jean 21.21

Quand il le vit, Pierre dit à Jésus : «Et lui, Seigneur, que lui

arrivera-t-il» ?

Jean 21.22

Jésus lui répondit : «Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne,

que t’importe? Toi, suis-moi».

INITIATEUR

F. Secrétaire, où est votre place dans le temple ?

Secrétaire

Au Nord, F I.

J’observe ainsi les allées et venues par la porte d’Occident. Les

Adelphes la franchissent pour aller étudier le monde.

INITIATEUR

F. Secrétaire, qui les guide dans ce voyage ?

F Secrétaire

Ils quittent le temple sous le signe de celui dont nous célébrons la

fête en ce solstice d’été : Jean le Baptiste ou le Précurseur, celui qui

aplanit le chemin.

Ils vont vers le Grand Inconnu.

Jean vint rendre témoignage de la Lumière.

Ainsi, dans le monde profane, sommes-nous destinés à être les témoins de

la Lumière.

Jean le précurseur est fêté au moment où le soleil est au plus haut dans

sa course vers le sud, au plus bas dans sa course vers le nord.

INITIATEUR

F. Secrétaire, qui nous soutient dans ce long et périlleux voyage ?

Secrétaire

Le Martiniste est ouvert au ciel, à la Terre, aux hommes, à lui-même. Il

brûle du désir de comprendre le comment du fardeau de l’homme et accepte

les petits bonheurs qui sont offerts sur le chemin de la vie.

INITIATEUR

F. Secrétaire, que cherchons-nous ?

Secrétaire

Trois étoiles, F I

Je cherche l’étoile de la fraternité.

INITIATEUR

Quelle est cette Etoile ? Où brille t-elle dans le ciel ?

Secrétaire

Rouge, l’Etoile brille à l’Occident. C’est l’étoile du matin.

C’est aussi l’Etoile du soir, sa couleur est bleue au déclin du jour.

Elle est le Hé qui figure deux fois à l’Orient.

A chaque crépuscule, elle se rapproche du Nord. Elle est la Reine de la

Nuit, Dame du Ciel, Régente de la Terre.

F Orateur

Je cherche l’étoile de l’égalité ; l’étoile polaire est le centre à

partir duquel tout se coordonne.

Selon une tradition, le caractère qui figure au centre de l’étoile

signifie Unitas, l’unité.

La marche à l’étoile est le retour vers l’unité, vers le principe.

A l’orient, figure la lettre yod.

Elle se prononce parfois IAH.

INITIATEUR

Je cherche l’étoile de la liberté.

Je la trouve quand Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les

bons.

Le shin symbolise le siège tangible du soleil mystique, centre de l’univers.

Orateur

Jean 1.5

 et la lumière brille dans les ténèbres,

F Secrétaire

et les ténèbres ne l’ont point comprise.

INITIATEUR

Nous sommes les enfants de la lumière.

INITIATEUR

Où est la place du F I ?

F Orateur

A l’Orient, mon F I, entre celui qui est venu (Moïse ; le maître passé)

et celui qui doit venir (Elie ; le maître inconnu).

Jean aux 2 visages se tient dans l’instant insaisissable du présent,

entre le passé qui n’est plus et le futur qui n’est pas encore.

Il est le maître de la voie ascendante et de la voie descendante.

INITIATEUR

Mes Adelphes, avant de nous séparer, je vous demande de penser à nos

Adelphes qui sont éloignés, aux malades, aux malheureux, à ceux qui se

sont égarés dans les ténèbres, à ceux qui, dispersés, travaillent chaque

jour à multiplier les bienfaits dont le Martinisme est le dispensateur.

Silence.  Méditation ou prière du cœur ou concentration sur la lettre Vav

INITIATEUR

Mes adelphes la leçon des solstices est telle que si le monde est

l’effet du Verbe, la nature est le symbole de la réalité.

Le miroir nous apprend que le monde de la manifestation est le reflet

d’un autre.

L’image de la main gauche est une main droite, car ce qui est en haut

n’est pas ce qui est en bas, mais comme ce qui est en bas.

Le Verbe est parole à l’extérieur, pensée à l’intérieur.

Le Verbe est témoin de la Lumière de l’Esprit et de la *flamme* au coeur

du Martiniste.

Mes adelphes, debout et à l’ordre.

Le F I. allume des flambeaux au flambeau des maîtres passés et les

transmets aux adelphes présents.

INITIATEUR

Remettant, en premier, la flamme au trésorier Hospitalier

3 Jean 0.5

Cher Frère, tu agis selon ta foi dans les soins que tu prends pour les

Sœurs et les Frères.

3 Jean 0.6

Ils ont rendu témoignage à ta charité. Tu agiras bien en pourvoyant à

leur mission d’une manière digne de Dieu.

3 Jean 0.7

Car c’est pour le Nom qu’ils se mettront en route…

Mon frère Hospitalier, en quittant le temple, tu laisseras la flamme sur

ton siège, nos adelphes pourront se souvenir de ce symbole, et se

tourner vers toi en cas de besoin matériel.

L’hospitalier acquiesce par le signe du silence.

Ensuite :

INITIATEUR

Que chacun reçoive le symbole du grand architecte, et qu’il l’utilise

selon les besoins de l’ordre, du groupe, de ses adelphes sans jamais

s’oublier lui-même. Vous emporterez avec vous ce symbole, puisque vous

avez encore à travailler pour connaître et servir la charitas !

CLOTURE selon les rituels de l’ordre.

L’hospitalier reste silencieux.

( 22 avril, 2009 )

La Doctrine de Louis-Claude de Saint-Martin (auteur inconnu)

La Doctrine de Louis-Claude de Saint-Martin 

Saint-Martin s’attacha à cette idée de Boehme et de Pasqually qu’il y a deux désirs issus de deux volontés, l’un puise l’énergie de l’âme dans la matière, l’autre utilise la matière pour infuser l’âme en lui permettant de se manifester dans cette matière qui se trouve par le fait spiritualisée. Au-delà du dualisme Esprit-Matière, Saint-Martin recherche l’unité de Dieu, de l’homme et de l’univers, la conscience de l’Unité est celle de la Réintégration. Tous les domaines de l’activité humaine doivent devenir resplendissants de la lumière divine, l’intelligence active de SOPHIA. Cette lumière se trouve dans le cœur de l’homme et il lui faut descendre en lui-même pour la trouver. Il en trouvera aussi le reflet dans le langage des choses, son esprit lui permet de saisir leur nature profonde par une gnose intime sur les nombres et les figures, les sociétés, les langues, les mythologies et traditions, les sciences de la nature, tout parle ou joue dans une orchestration harmonieuse pour celui qui entrevoit la clé de l’Unité des Mondes.

L’homme occupe une place centrale dans l’Univers et c’est la connaissance de lui-même qui peut, seule, lui donner la compréhension et le pouvoir. Ce qu’il faut découvrir en nous, c’est le modèle homme, c’est-à-dire le Christ. Christ est le sauveur historique, mais aussi et surtout celui qui a montré la voie a déposé dans l’humanité le germe christique qu’elle doit faire éclore pour sa Réintégration.

L’instrument de cette Réintégration, c’est la Volonté. Saint-Martin partageait les préoccupations scientifiques de son époque, il s’agit pour lui de faire coïncider science et inspiration. Pourtant, il s’élève contre l’esprit encyclopédique avec beaucoup de talent et d’humour dans sa nouvelle « Le Crocodile ». Sa position est celle de René Guénon dans « Le Règne de la Quantité » ou celle du Maître spirituel contemporain Krisnamurti qui dit qu’en fin de compte, on doit rejeter tous les livres, même les siens, pour trouver la Connaissance en soi-même. « La chair est triste, hélas, et j’ai lu tous les livres », clame Mallarmé quand Proust prétend que la littérature est au seuil de la vie spirituelle. Science, art, littérature, rien n’est inutile aux yeux des grands Maîtres spirituels qui ont souvent pratiqué ces disciplines, mais il importe pour le mystique de dissocier la fin et les moyens. « L’intellect fut une aide, l’intellect est l’entrave » dit Sri Aurobindo. Tout ce qui sert à franchir une étape vers le but doit ensuite être dépassé, même la volonté, si l’on en croit encore Sri Aurobindo « L’effort fut une aide, l’effort est une entrave ». Cependant, ce rejet n’est pas total, c’est un dépassement.

Aurobindo s’intéressa aux questions de littérature et de politique jusqu’à sa mort. Une fois que l’être a réalisé son union avec SOPHIA, qu’il a réalisé les noces chymiques, art, science, littérature ou action sociale ne lui sont plus nécessaires mais peuvent continuer à entrer dans le libre jeu de sa conscience de libéré vivant. Ramakrisna, après s’être réalisé selon une voie spirituelle particulière, recommença tout le cheminement entrant à nouveau volontairement dans le processus de l’ignorance et du dévoilement (1).

Lorsque Saint-Martin s’est penché sur les écrits de Boehme, on peut se demander s’il avait véritablement quelque chose à apprendre du théosophe allemand. Il semble plutôt qu’il ait voulu s’inspirer de Boehme pour perfectionner sa propre formulation de la vérité. En fait, la pensée Martiniste comporte une vive critique de l’abus des pouvoirs intellectuels qui limite l’intelligence à la seule approche rationnelle et objective. L’intellectualisme, l’érudition gratuite, le scientisme étroit orientent la conscience dans la voie de la séparativité, de la complexité croissante, du dessèchement analytique. Les vrais mouvements de la conscience intérieure sont alors voilés par l’ego qui manifeste en réalité une peur secrète de l’inconnu et une inquiétude profonde. Cette leçon nous est donnée par Balzac dans « La Recherche de l’Absolu » et « Louis Lambert » comme nous le verrons.

De Saint-Martin, du fait de son inclination littéraire et de sa formation kabbalistique chez les Elus Cohen, était sensibilisé au problème du langage. L’approche mystique du langage est une tentative humaine pour retrouver la Parole Perdue, la vibration primordiale du Logos créateur. A travers la poésie et la littérature, le langage dégagé de sa fonction utilitaire matérielle, s’il n’est pas mis au service de l’observation mentale ou d’un inconscient crépusculaire, devient une approche du verbe angélique, cette sorte de communication supérieure qui était l’apanage de l’homme dans son état d’avant la chute. Au-dessus de tous les arts, le langage divin qui est accordé à l’homme comme moyen de régénération, c’est la musique. Saint-Martin lui-même, outre qu’il était un littéraire non dépourvu de talent et de style, était également un violoniste très épris par son art. La philosophie martiniste conduit naturellement à une théorie de l’art et une pratique de l’art pour celui qui considère que c’est là son champ d’activité au service de tout.

Il y a d’autres domaines d’application de la philosophie martiniste dont l’un est le service social. Un travail en vue d’établir une plus grande justice dans la société afin qu’elle accomplisse le dessein évolutif prévu pour la collectivité humaine dans le plan de la Divinité. L’idéal utopique est une caractéristique marquante de l’idéologie martiniste. L’utopie sociale fait partie de l’attente eschatologique de nombreux peuples et religions, juifs, chrétiens, musulmans, hindous (2). Pour beaucoup d’ésotéristes, l’âge d’or devrait être retrouvé et coïncider avec une transformation du rapport de l’homme à la matière se caractérisant par une nature régénérée par l’esprit (3) et une influence marquante du Principe de la Mère Cosmique à travers un nombre croissant de grandes Initiées et Avatars de sexe féminin. D’ailleurs, même dans la mythologie marxiste, on s’est beaucoup intéressé au rôle libérateur de la femme. Les sociétés primitives du matriarcat d’après Marx et Engels étaient sans classes et sans aliénation et la société communiste future sera cet âge avec une société sans Etat. L’âge d’or comprend l’utopie sociale mais aussi une régénération de la nature par l’œuvre de l’homme, grâce aux arts et aux sciences mais aussi une transformation spontanée de la nature elle-même qui se fait œuvre d’art. « Oh ! comme ils seront beaux les nouveaux cieux et la nouvelle terre, puisque les formes y seront régulières et qu’elles changeront leur difformité contre la perfection même », prophétise L. C. de Saint-Martin. Tout n’a pas été dit, loin de là, sur le « Philosophe inconnu ». Il nous faut maintenant aborder Jacob Boehme et Swedenborg pour une vision complète du mysticisme martiniste. (1) Lire « La vie de Ramakrishna » de Romain Rolland
(2) Dans la tradition Rose-Croix, nous retiendrons surtout « La République » de Platon et « La Nouvelle Atlantide » de Sir Francis Bacon, chancelier de la reine et Impérator Rose-Croix.
(3) INRI

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( 22 avril, 2009 )

La Doctrine de Martinez de Pasqually (auteur inconnu)

 

La Doctrine de Martinez de Pasqually 

Exposons brièvement la doctrine de Martinez, du moins ce que nous croyons en avoir saisi dans son ouvrage « LE TRAITE DE LA REINTEGRATION DES ETRES » qui reste très obscur. L’idée force du Traité est aussi celle qui soutient les travaux théurgiques de l’Ordre des Elus Cohens et les développements philosophiques de L.C. de Saint- Martin, cette idée est la chute de l’homme hors du domaine spirituel dans la matière d’où il doit maintenant accomplir son retour vers l’esprit. Sa vision cosmogonique est comparable à celle de nos physiciens modernes avec la théorie d’extension et rétraction de l’Univers. Tout est parti de Dieu et tout doit y revenir. L’homme a donc subi une chute allant au-delà du plan prévu par Dieu pour l’incarnation de l’esprit dans la matière. S’étant séparé en conscience de son créateur, il fut rejeté de son Sein et s’est retrouvé emprisonné dans la matière.

Le monde matériel est lui-même un monde d’exil et de châtiment, créé tout spécialement pour servir de prison à ceux parmi les premiers êtres émanés de la Divinité qui, par leur propre volonté et sous l’impulsion de l’orgueil, ont voulu agir de façon séparative et autonome. C’est pourquoi la matière est comme le nomment les Hindous, « Maya », une illusion.L’homme lui-même vient en second dans cette création, après la chute des anges devenus démons et que Martinez appelle Esprit Pervers. Ce sont eux qui ont commencé la chute. L’homme primordial collectif que la Kabbale nomme « Adam Kadmon », fut créé avec pour mission de régner sur le monde matériel, afin de le restaurer dans l’unité première. La « prévarication » de l’homme est une répétition de celle des esprits pervers. Adam, étant la dernière des créatures, régnait sur les anges et sa place était privilégiée dans la création. Il était créé dans une forme glorieuse, c’est là le véritable Paradis Terrestre, « Terre élevée au-dessus de tous sens », comme le dit Martinez. Or, appelé à être le Créateur d’une postérité de Dieu dans la forme glorieuse égale à lui-même, Adam voulut créer par sa propre volonté et donna, ainsi, naissance à une postérité impure précipitée dans la matière.
« Adam, rempli d’orgueil, traça six circonférences en similitude de celles du Créateur, c’est-à-dire qu’il opéra les six actes de pensées spirituelles qu’il avait en son pouvoir pour coopérer à sa volonté de créateur. Il exécuta physiquement et en présence de l’esprit séducteur sa criminelle opération. » (1)
Et telle fut la conséquence de son acte criminel :« Mais, dira-t-on, à quel usage a donc servi à Adam cette forme de matière qu’il avait créée ? Elle lui a servi a faire naître de lui une postérité d’hommes en ce que le premier mineur Adam, par sa création de forme passive matérielle, a dégradé sa propre forme impassive, de laquelle devaient émaner des formes glorieuses comme la sienne pour servir de demeure aux mineurs spirituels que le Créateur y avait envoyés. Cette postérité de Dieu aurait été sans borne et sans fin si l’opération spirituelle du premier mineur avait été celle du Créateur, ces deux volontés de création n’auraient été qu’une en deux substances ».C’est alors que l’homme fut chassé de son corps glorieux pour habiter le monde matériel au milieu des animaux, car c’est de cette terre qu’il avait sorti l’objet de sa prévarication. Si Adam avait eu la mauvaise volonté d’agir contre le Créateur, par contre, la pensée lui avait été suggérée par les « Esprits Pervers ». Il n’est donc pas responsable de cette pensée mauvaise. C’est la volonté qui soumet l’être, soit à la pensée mauvaise démoniaque, soit à la pensée bonne des créatures angéliques. Il y a donc un intellect mauvais et un intellect bon, le premier est conséquence de la chute et le second vient de Dieu. Ceci sera développé par L.C. de Saint-Martin pour qui l’intellect, s’il a séparé l’homme du divin, doit le réconcilier par la gnose.
La communication directe entre Dieu et l’humanité est coupée depuis la chute. L’intellect est dans une aberration qui l’enchaîne aux sens physiques et la conséquence en est l’idolâtrie du fait scientifique et la philosophie du siècle des Lumières. La gnose est une véritable « Charité Intellectuelle » que Martinez dans son traité, puis Saint-Martin dans ses ouvrages, offrent à l’humanité. De « pensant », par la chute , l’homme est devenu « pensif » et pour s’unir à nouveau à « Sophia », la Sagesse, l’homme doit faire appel aux intermédiaires. Ce sont les bons esprits que dans ses invocations théurgiques il demande à pouvoir commander par la grâce de Dieu. Il chasse les mauvais esprits toujours prêts à l’influencer négativement. Le « Philosophe inconnu » pour son compte, délaissera les pratiques rituelles théurgiques pour s’orienter vers une voie cardiaque interne, faisant appel à l’intercession du Christ.Après cette chute et cette malédiction divine, Adam parvint à obtenir le pardon divin et sa création, quoique matérielle, fut à nouveau considérée. Il confessa son crime avec un sincère repentir et fut donc en partie réuni dans ses premières vertus et puissance, conformes aux lois de la réconciliation. Mais alors naquit Caïn (2), postérité maudite et déchue d’Adam. Deux autres enfants de même nature succédèrent à Caïn. Adam ne parvenant pas à obéir aux instructions de tempérance du Créateur allait dans un profond dégoût de lui-même. Enfin, Abel fut conçu dans l’harmonie divine et ainsi se fit une postérité glorieuse, car le culte qu’Abel rendait au Créateur était le type réel que le Créateur devait attendre de son premier mineur. C’est pourquoi Seth, puis Noé, représentent la lignée des Prophètes, des Elus possédant la connaissance et les vertus de rétablir les opérations divines. Cette filiation raciale, comme tout le récit, est à comprendre comme un mélange de fiction allégorique et de faits ésotériques d’où la difficulté d’interprétation. Caïn naquit de la passion, il y a donc dans cette version de la chute un deuxième stade tel que l’on imagine le péché originel dans la Bible, c’est-à-dire de nature sexuelle.Après la première réconciliation, il fut ordonné à l’homme de croître et multiplier. « Adam et Eve exécutèrent cet ordre avec une si furieuse passion des sens de leur matière, que le premier homme retarda par là son entière réconciliation ». On comprend qu’il y ait alors deux postérités et deux humanités. La seconde postérité d’Adam, qui est celle de Seth, s’est rendue susceptible de réconciliation. Celle de Caïn doit encore être réconciliée. « Elle paie encore le tribut à la justice du Créateur ». Ceux qui composent l’Assemblée des élus qui seuls ont été réconciliés par la venue du Christ sont missionnés dans le plan du rachat divin et reçoivent l’inspiration intellectuelle, la gnose, SOPHIA, ce sont les « illuminés ».Dans cette perspective, Martinez lui-même mais aussi J. Boehme, Swedenborg et Saint-Martin sont des missionnés de Dieu éclairés par la lumière intellectuelle. Ce sont des « mineurs » d’après la terminologie de Martinez, le mot pourrait être rapproché de « Jiva ». L’âme personnelle émanée du Tout des Hindous, ce sont des mineurs qui, bien que la postérité d’Adam, sont de purs pensants et non pensifs. D’autres mineurs furent émanés avant Adam par la seule volonté divine, ce sont les envoyés du Père dont parle Papus (3). Le plus grand d’entre eux étant le Christ, il y a aussi Enoch, Noé béni dans sa descendance, Sem, Cam et Japhet, Melchisedec et Abraham. On peut encore ici faire un parallèle avec la doctrine hindoue des Avatars ou fils de Dieu (4). Dans les milieux Martinistes du XIXème siècle, le grand thaumaturge dit « le Maître Philippe de Lyon » (5) sera tenu pour un tel être.

Mais revenons sur la notion de ces justes qui, bien qu’étant de notre humanité, ont gardé le contact avec la pensée divine et accomplissent les plans du Créateur, car c’est justement certains de ces êtres que Balzac a fait surgir dans sa Comédie Humaine, lui-même se considérant sans doute comme un illuminé dans le sens que nous avons donné à ce terme avec Martinez de Pasqually. Il nous faut citer le mage de Bordeaux : « Quoique ces êtres soient consolés dans leurs afflictions et assurés de leur réintégration, cela n’empêche pas que leurs tourments soient considérables de ne pouvoir jouir parfaitement de la vue de l’esprit consolateur qui leur parle. Ils sentent cependant que tout ce qu’ils éprouvent est juste, relativement à la prévarication du premier homme et un serment que le Créateur a fait que ni le premier homme, ni aucun de sa postérité ne soient réintégrés dans le cercle divin avant le grand combat qui doit se livrer par le vrai Adam ou Réaux entre la terre et les cieux, pour le plus grand avantage des mineurs ». Si ces justes qui reposent dans la sphère saturnienne après leurs incarnations sont comparables à ce que l’hindouisme appelle les Vibhutis (6), la vision eschatologique de Martinez est aussi celle exprimée dans le Mahabarata et la Baghavad Gita d’un affrontement final entre les forces du bien et du mal.Le Réaux est celui qui a retrouvé ses pouvoirs d’origines, c’est le Rose-Croix, le Réalisé, mais la réintégration complète ne pourra se faire que lorsque le dernier humain aura été réconcilié car chaque être humain est une cellule de l’Adam Kadmon, participe en tant que tel au grand corps de l’humanité et doit réintégrer le plan de conscience prescrit à l’origine pour les mineurs émanés. La doctrine de Martinez est d’une certaine complexité et reste d’une interprétation délicate, attendu qu’il est difficile de faire la part entre ce qui est symbolique, allégorique et ce qui se veut un exposé précis de l’aventure spirituelle de l’homme et du cosmos. Une bonne connaissance de base en numérologie, en kabbale et des écrits bibliques est d’un grand secours pour son exégèse.L’Ordre des Elus Cohens offrait à ses membres une technique théurgique basée sur cette doctrine et transmettait aux disciples avancés une initiation visant à la régénération spirituelle de l’homme. Initiation qui, comme nous allons le voir, existe encore de nos jours. Après une propagande de 1758 à 1760, à Lyon et dans le midi de la France, Martinez de Pasqually s’installe à Bordeaux en 1762. Il quittera cette ville en 1772 pour Saint Domingue. L’ordre débute ses activités en 1762.Louis Claude de Saint-Martin rencontre le Maître en 1768 et deviendra son secrétaire en 1771. L’Ordre se désagrège juste après la mort de Martinez en 1774, car ses deux plus proches disciples délaissent ce canal et diffusent l’enseignement à leur manière. Willermoz, riche marchand de Lyon, essaya d’infuser la doctrine de Martinez dans l’Ordre Maçonnique de la « Stricte Observance Templière » fondé par la baron Von Hund, ce qui donna le rite des « Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ». Quant à Saint-Martin, il s’était écarté assez tôt du courant maçonnique et il préféra diffuser l’enseignement en l’adaptant selon ses lumières personnelles par ses ouvrages et oralement à travers des cercles d’amis parmi lesquels quelques-uns reçurent l’initiation en provenance de Pasqually. Cette initiation encore véhiculée par certains Ordres Martinistes, semble être d’une grande importance et reste une énigme. Est-elle comparable au Consolamentum des Cathares et à la transmission apostolique des églises chrétiennes ? Peut-être s’agit-il de la transmission de l’Esprit, de l’Eglise intérieure, celle de Saint-Jean ; c’est de cette seule Eglise que se réclamait véritablement Honoré de Balzac.

Ni Pasqually, ni Willermoz, ni Saint-Martin n’ont jamais fondé l’Ordre Martiniste. Celui-ci fut créé par le grand occultiste Gérard Encausse (dit Papus) en 1891, et il l’anima jusqu’en 1916, date de sa mort. (lire la suite)

(1) Lire « Le Traité de la Réincarnation des Etres » de Martinez de Pasqually
(2) (2) Caïn, qui signifie « Enfant de ma douleur ».
(3) Lire « La Réincarnation » de Papus
(4) Lire « La doctrine des Avatars » de Michel Coquet
(5) Lire « Le Maître Philippe de Lyon » de Philippe Encausse
(6) A propos de Vibhuti, voici la définition donnée par Sri Aurobindo : « Le Divin apparaît comme Avatar dans les grandes époques de transition et comme Vibhuti pour aider aux transitions moindres. »

 

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( 22 avril, 2009 )

Méditation Martiniste (texte paru dans la revue « l’Initiation » en 1907)

                  Méditation Martiniste 

Les pauvres âmes que nous sommes tous ont en eux les trois lumières: celle des sens, celle de l’intelligence, celle du cœur. Suivant leur avancement, mais toujours à travers la lourde matière, l’une ou l’autre domine. Souvent la troisième ne brille que par instants,. heureux quand ces instants sont fréquents ! Tout d’abord dans la jeunesse, la pure lumière du cœur, pourtant très vive alors, tend à être éclipsée par celle des sens qui semble plus brillante, plus attirante; l’autre, l’imagination, ce que les hommes appellent l’esprit tend à supprimer la troisième, parce que l’âme est ivre comme d’un parfum trop fort. Pourtant il y a de brusques révélations: la tendresse, le pur rayon brille soudain, voilà le ciel entr’ouvert ! Hélas, plus le rayon a été brillant, plus l’âme est déçue ! Le rayon a dû passer par la chair, et il l’a purifiée certes, mais avec quelles douleurs!

D’autre part, l’Intelligence qui aspire à la lumière, l’a cherchée auprès d’elle, parmi les hommes, ses frères; mais, comme elle s’aperçoit vite que ce qu’elle a pris pour un flambeau n’était qu’une vague lueur ! Tristes, découragées, elles cherchent, elles cherchent encore les pauvres âmes, elles s’attachent à nouveau à des corps qui les meurtrissent et les déçoivent, jusqu’à ce qu’enfin, elles s’arrêtent éperdues. Les unes, les moins clairvoyantes, restent dans la chair ou dans la joie amère de leur orgueil, de leur égoïsme; les autres franchissent le cercle fatal, parce qu’elles ont, à travers les erreurs et les mensonges, toujours regardé le ciel, parce qu’à travers la chair, elles ont aimé l’Amour et que ne le trouvant jamais sans alliage ici-bas, elles y croient plus que jamais, mais aspirent à sa source. Et tout à coup, leurs illu-sions disparaissent, la vérité leur apparaît: les lu-mières n’en sont qu’une: l’Amour et l’Intelligence avec la Sagesse, la bienheureuse Trinité, resplendis-sent, unique soleil. Et tout est révélé, tout est compris, il n’y a plus de paroles, il n’y a que l’adoration.

Désormais, l’Ame purifiée et brûlante du vrai, du seul amour, ne connaîtra plus la solitude, dans chaque amour terrestre elle verra l’appel anxieux et ne songera qu’à prier pour appeler le divin amour, dans cette autre partie d’elle-même, car il y a des milliards d’âmes et il n’y a qu’une âme; et c’est une joie de penser qu’à travers les passions, les injures, les malédictions, les haines, les souffrances, tous les cris s’élèvent pour l’Amour, pour Lui seul. Et elle se sent enfin heureuse, définitivement consolée, la pauvre Psyché, puisque l’Amour n’est pas une illusion, puisque l’étincelle qui la vivifie saura retrouver le Soleil dont elle est venue. Sous le manteau dont elle est couverte, sous la chair dont elle est revêtue, les autres âmes la regarderont passer. Beaucoup, et ce sera sur celles-là qu’elle se penchera avec le plus de sollicitude, ne la reconnaîtront pas, la croiront ennemie, elle devra bien se cacher pour ne pas être atteinte par leur égarement. En revanche; d’autres se sentiront attirées et viendront pour sentir la chaleur divine. Celles-là chanteront ensemble l’Hymne de la joie, mais combien peu nombreuses seront-elles ! Qu’importe, l’Inconnue ira, humble et douce, tendre et con-solatrice, ne s’imposant jamais, secourant en silence, n’attendant rien de la terre qui ne peut rien lui donner, mais distribuant sans se lasser son inépuisable trésor. Son ami divin, toujours présent, sera sa force, il la soutiendra toujours, et la guidera jusqu’au bienheureux moment où il l’attirera si fort qu’elle quittera sa prison de chair!

Et les trois lumières éclairent aussi l’Alchimiste qu’est l’homme. C’est seulement un autre symbole: voici les ferments précieux, qui doivent être enfermés dans la matière, pour être purifiés; d’abord, c’est le noir, la lutte avec les passions, l’enfer du doute; et puis, c’est le blanc, le pressentiment de la Beauté. Et puis, c’est la pierre qui donne l’éternelle jeunesse, l’éternelle santé, l’éternelle beauté ! Et puis, c’est le métal précieux, enfin, enfin ! Je ne connais pas l’Alchimie, et n’ai jamais rien lu là-dessus, mais je sens qu’il faut l’entendre ainsi.

Qu’est-ce que c’est jamais, pour nous, une réalisation matérielle quelconque ? L’Or? Il est en nous, et les pierres précieuses et tout, tout ce que nous admirons dans l’Univers, et c’est notre cœur l’Athanor Magique et Immortel.

(Texte publié dans la revue L’INITIATION de Mars 1907, auteur inconnu)

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( 22 avril, 2009 )

Les Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers

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L’Ordre des Chevaliers Maçons

Elus Cohen de l’Univers  

                    Entre mythe et réalité 

Tant de choses ont été écrites sur cette branche peu connue de la Maçonnerie et au combien mystérieuse que représente l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers. Il faut donc œuvrer au rétablissement d’une vision plus juste de cet Ordre, qui contre bon nombre d’idées reçues, est toujours actuellement en activité. 

« Qu’est ce que l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers ? » 

L’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers (plus communément nommé « Ordre des Elus Cohen ») est un Ordre maçonnique dans ses premiers degrés pour ensuite s’orienter vers la Théurgique Cérémonielle et Sacerdotale dans ses degrés les plus élevés.

« Quelles sont les origines de l’Ordre, son histoire ? » 

L’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers aurait été fondé à la moitié du XVIIIème siècle par Martinez de Pasqually (1727-1774) sur base de sa Doctrine. Martinez de Pasqually défendait l’idée selon laquelle les différents Rites de la Franc-maçonnerie traditionnelle ne formaient que le parvis d’une Doctrine supérieure et que seul celui qui en maîtrisait les aspects pouvait vraiment se dire Franc-maçon. Cependant, et toujours selon de Pasqually, les Loges Maçonniques « traditionnelles » se transformaient peu à peu en cercles mondains et n’étaient plus à même de transmettre les secrets ancestraux véhiculés par les Rites qu’elles pratiquaient. De là vint pour Pasqually l’idée de fonder un nouvel Ordre Maçonnique, qui ne fût jamais une obédience, précisons le d’emblée.

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                   Martinez de Pasqually

L’Ordre des Chevaliers Francs-maçons Elus Cohen de l’Univers dirigé par de Pasqually accueillera en son sein beaucoup de personnages illustres, dont les deux plus célèbres furent sans doute Louis-Claude de Saint-Martin dit le Philosophe Inconnu (1743-1803), ainsi que Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), qui plus tard, fondera la Stricte Observance Templière (avec le Baron Karl Gotthelf Von Hund) et plus tard le Régime Rectifié de la Franc-maçonnerie, dont certaines branches véhiculent encore aujourd’hui certains enseignements de la Doctrine des Elus Cohen, et donc, de Martinez de Pasqually.

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Louis-Claude de Saint-Martin   

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                       Jean-Baptiste Willermoz

Après la mort de Martinez de Pasqually à Saint-Domingue en 1774, l’Ordre qu’il avait fondé ne lui survivra que pour une courte période. Les quelques Loges de l’Ordre tomberont rapidement en sommeil, ou se rallieront aux obédiences Maçonniques traditionnelles. On estime alors la tombée en sommeil  de l’Ordre aux environs de 1777, bien que certains pensent que des Ordinations de Réau Croix (ou « Réau+ ») aient continué à se transmettre dans certaines « arrières-loges » parisiennes.

Cette thèse peut être envisageable dans le sens ou l’Ordre Martiniste fondé par Papus (Gérard Encausse) en 1891 empruntera en partie aux rituels Cohen. Par contre, lorsque Robert Ambelain réveillera l’Ordre en 1942, il empruntera à son tour à l’Ordre Martiniste, apportant ainsi une certaine confusion, rendant aujourd’hui la réelle transition entre les Elus Cohen vers le Martinisme nettement moins quantifiable.

Il est d’ailleurs intéressant de constater que même si l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers est composé de dix grades, il est fort probable que, dès ses premières heures, seuls les plus hauts grades de l’Ordre aient été réellement conférés, principalement à des Francs-maçons de Hauts Grades issus des Loges Ecossaises. En effet, s’il existe des traces d’Ordinations conférées par de Pasqually, notamment par Louis-Claude de Saint-Martin, on peut franchement douter que des Tenues de Loges Symboliques « Cohen » aient réellement eu lieu. Cette supposition est renforcée par le fait qu’encore aujourd’hui, les quelques rares Loges Cohen ne confèrent en fait que les derniers degrés de l’Ordre.

Il faudra attendre pas moins de 1942 pour voir l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers réveillé par Robert Ambelain(1907-1997).

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                 Robert Ambelain

Il faut savoir qu’à l’époque la quasi-totalité des rituels tels qu’élaborés par Martinez de Pasqually n’avaient pas survécu. C’est sur base du fameux Manuscrit d’Alger que Robert Ambelain élaborera un nouveau Rite Cohen. Ce réveil s’opérera par l’accomplissement des hautes pratiques théurgiques des degrés de Grand Elu de Zorobabel , Commandeur d’Orient  et de Réau Croix .

Il n’y a donc pas de filiation horizontale directe entre l’Ordre fondé par Martinez de Pasqually et l’Ordre tel qu’il existe encore aujourd’hui. Les Cohen modernes ne peuvent faire remonter leur Initiation plus loin que Robert Ambelain.

Comme cela a été précisé dans l’introduction de ce texte, l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers existe toujours aujourd’hui. Cependant, le regain d’intérêt pour cet Ordre observé ces dix dernières années à donner naissance à quelques boutiques fumeuses, ayant vitrine sur internet et proposant des soi-disant initiations Cohen, parfois contre euros sonnants et trébuchants.

Les véritables Chevaliers Maçons Elus Cohen travaillent quant à eux dans la discrétion, si pas le secret absolu et les initiations continuent de se transmettre d’initiateur à initié, sans cri et sans éclat, dans de nombreux pays du monde. L’Ordre n’a pas d’existence matérielle, il n’est pas une association ou une Obédience Maçonnique, il existe uniquement dans le spirituel et l’invisible, et n’est visible tout au plus qu’au travers de rares Loges indépendantes.

«Quels sont les grades de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers ? » 

L’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers repose sur une échelle de grades particulièrement complexe. Robert Ambelain les a répartis sur plusieurs « classes » (ce qui n’était sans doute pas le cas du temps de Martinez de Pasqually) :

–Loge Symbolique–

Apprenti

Compagnon

Maître Maçon

Maître Elu (*)

–Porche–

Apprenti Cohen (1er Ordre)

Compagnon Cohen (2ème Ordre)

Maître Elu Cohen (3ème Ordre)

–Ordre Intérieur–

Grand Maître Elu Cohen (ou Grand Architecte) (4ème Ordre)

Grand Elu de Zorobabel (ou Chevalier d’Orient) (5ème Ordre) (**)

Commandeur d’Orient (ou Apprenti Réau Croix) (6ème Ordre) (**) 

–Classe secrète–

Réau Croix (7ème Ordre) (***)

(*) : Il semblerait que ce grade de Maître Elu soit l’ancêtre du degré de Maître Ecossais de Saint-André, que l’on retrouve dans la Stricte Observance Templière et par la suite, dans une forme différente, dans le Rite Ecossais Rectifié. Dans ses premières heures, ce degré était travaillé en Loge bleue, avant la création de la Loge verte, qui lui fût exclusivement destinée.

Notons également que les nouveaux rituels écrits par Robert Ambelain pour la Loge Symbolique Cohen n’incluent pas le degré de Maître Elu.

(**) : Dans beaucoup de textes, le degré de Commandeur d’Orient est confondu avec celui de Grand Elu de Zorobabel. Beaucoup d’auteurs clament que les titres de Grand Elu de Zorobabel, Chevalier d’Orient,  Commandeur d’Orient et Apprenti Réau Croix désignent tous les quatre le même grade. C’est vrai pour les deux premiers termes, pas pour les deux derniers .

(***) :Il faut préciser que ce degré de Réau Croix n’avait rien de secret du temps de Martinez de Pasqually. En réalité, si son travail fût remarquable en bien des points, Robert Ambelain rendit malheureusement l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen beaucoup plus élitiste et fit parfois du degré de Réau Croix une sorte de haute distinction Maçonnique qu’il conférait à ses collaborateurs les plus fidèles. En réalité, si la Tradition des Elus Cohen est effectivement puissante et complexe, il n’en demeure pas moins qu’elle se doit d’être ouverte à tout homme sincère. Le recrutement doit être sévère quant aux qualités de Cœur du candidat et quant à sa bonne volonté, mais sûrement pas quant à son influence ou son statut social ou son statut au sein d’un autre Ordre Initiatique.

«Quelles sont les pratiques de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen ? » 

Comme nous l’avons évoqué plus haut, de nos jours, seuls les trois ou quatre degrés de l’Ordre sont réellement conférés et le recrutement se fait aujourd’hui davantage dans les Groupes Martinistes que dans les Loges Maçonniques.Il est toutefois utile d’au moins étudier les rituels se rapportant au Porche, car ceux-ci contiennent toutes les clés qui vont permettre à l’individu de se former aux pratiques Théurgiques des degrés les plus élevés.Il serait vraiment fort compliqué d’entrer dans les détails des pratiques Théurgiques des degrés plus élevés. Cependant, toutes reposent sur deux principes, deux buts :

La Réconciliation de l’Homme avec Son Créateur.

La Réintégration au sein de ce dernier.

Contrairement à la Doctrine de Louis-Claude de Saint-Martin qui affirme que le Bien, par sa propre nature, suffit à triompher du mal, la Doctrine de Martinez de Pasqually (et donc des Elus Cohen) pense que le Bien ne peut triompher qu’en maintenant une suprématie sur le mal. Cette suprématie s’atteint par certains rituels et certaines formes d’exorcisme.

Le Rite des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers est un système manichéen et dualiste.

D’une manière plus générale, les Chevaliers Maçons Elus Cohen entendent Œuvrer sur les plans invisibles de notre Univers pour ainsi contribuer à un meilleur équilibre au sein de ce dernier. Ces pratiques y sont considérées comme nécessaires à la Réconciliation et la Réintégration.

« L’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers est-il mixte ? » 

Il est évident que tu temps de Martinez de Pasqually, l’Ordre était uniquement ouvert aux hommes pour la simple et bonne raison que la Franc-maçonnerie féminine était inexistante à cette époque. Il donc fort probable qu’en ces années, l’Ordre était uniquement masculin uniquement pour des questions de mœurs et non pour une quelconque raison ésotérique ou symbolique.Aujourd’hui, la plupart des initiateurs Cohen refusent d’initier les femmes, mais cela semble beaucoup plus discutable. Encore une fois, il faut nous tourner vers Robert Ambelain :

-Lorsqu’il a réveillé l’Ordre, Robert Ambelain a remplacé certaines invocations théurgiques qui n’avaient pas survécues à Martinez de Pasqually  en empruntant à la Magie Sacrée d’Abramelin le Mage, qui  se veut totalement interdite aux femmes.

-Robert Ambelain n’a jamais été partisan de la mixité dans les diverses Traditions, voire également très frileux quant au fait féminin au sein des ces dernières. N’oublions pas qu’Ambelain fera tout pour rendre les plus hauts grades du Rite de Memphis-Misraïm inaccessibles aux femmes et que c’est sans doute pour tenter de faire amende honorable qu’il consentira à autoriser une Grande Loge féminine du Rite en 1965.

Hormis pendant ses périodes (pour des raisons trop longues à expliquer ici), on ne voit pas bien pourquoi une femme ne pourrait-elle pas accéder à l’initiation Cohen…il n’empêche cependant qu’encore aujourd’hui, l’Ordre demeure strictement masculin.

« Peut-on se livrer à des pratiques Cohen sans y avoir été initié ? » 

Oui et non. Tant dans le Rite originel que dans celui élaboré par Robert  Ambelain, on ne retrouve en réalité que des pratiques bien antérieures à de Pasqually lui-même.

L’Ordre des Elus Cohen pratique la Kabbale Opérative et la Théurgie, l’Ordre « n’a rien inventé », il utilise des pratiques qui existaient déjà bien avant lui, pratiques universelles ouvertes à tout un chacun. Attention, « ouvertes » n’est ici pas synonyme « d’accessibles » car ces pratiques requierent une très longue préparation ainsi que de solides connaissances.

La Théurgie opérative a justement pour fondement de permettre à l’individu de communiquer avec les plans supérieurs, justement en supprimant les intermédiaires. A partir de là, on pourrait en déduire que le rôle d’un initiateur est superflu, ce qui ne serait pas tout à fait faux. Rappelons encore que Robert Ambelain avait tout simplement atteint le niveau vibratoire du Réau Croix en en accomplissant les opérations.

 Une vision plus juste veut que les pratiques Cohen requièrent une préparation physique et mentale très conséquente et une discipline stricte, et surtout, un long apprentissage des rituels et de leur codification. Celui qui ne respecterait pas ces étapes et se lancerait au hasard dans les rituels n’obtiendrait tout simplement aucun résultat car les rituels de Théurgie sont savamment codés afin de ne pouvoir être mis en branle que par des personnes ayant reçu un certain enseignement. Cette préparation est véhiculée non seulement par les initiations, mais aussi par la guidance que peut fournir un initiateur qui a reçu ces notions selon des critères tout aussi strictes.

Par contre, celui qui détient les clés et qui peut ouvrir les portes avancera avec prudence…

En ce qui concerne la Théurgie, la pratique  »auto-didactique » n’est pas à exclure, mais recevoir l’initiation  et étudier sous la guidance de l’initiateur préviendra le cherchant de tout égarement et lui permettra de mieux intégrer ces pratiques à notre mode de vie moderne qui laisse finalement trop peu de place à une longue et stricte discipline que nécessiterait l’étude et la pratique en solitaire.

Il n’empêche cependant qu’une fois qu’il a reçu les initiations, le Chevalier Maçon Elu Cohen travaille la plupart du temps, seul, et à des moments bien précis. Les réunions (ou Tenues) en Loge sont rares et ne revêtent pas vraiment un caractère Opératif, le terme « réunion » devant y être pris principalement dans son sens premier.                                                                        

 

En conclusion le véritable Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers existe toujours aujourd’hui sous la forme de quelques rares initiés, dispersés sur la surface du globe et se réunissant peu (du moins physiquement), mais qui continuent à travailler pour le bien de l’Univers et aussi celui de notre Humanité. Ce sont des hommes discrets, fuyant les distinctions et les honneurs  « profanes » et appartenant à un Ordre invisible dont la réalité est difficilement traductible par des mots ou des illustrations. 

                                                                                   

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( 1 avril, 2009 )

Réflexion sur le Temple Martiniste

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             Réflexion sur le Temple Martiniste 

Sur le plan exotérique (donc physique et matériel), le Temple Martiniste définit le lieu où se réunissent des Martinistes pour Travailler ensemble. Il existe très peu de lieux exclusivement consacrés à accueillir des réunions Martinistes. Génralement, un Groupe se réunit au domicile d’un de ses membres, dans un local facilement « aménagé » pour la circonstance et à l’abri des regards « indiscrets ».

Sur le plan ésotérique, le Temple est un espace sacré et chargé de divers symboles. Contrairement à certains lieux religieux, et comme nous l’avons vu dans le paragraphe précédent, en Martinisme, un lieu profane peut devenir un espace sacré. Notons que cet espace n’est sacré que pour le temps de la réunion, retournant ensuite au monde profane.  La séparation temporelle entre le monde profane et le monde sacré est atteinte par le rituel. Il y a un rituel d’ouverture et un rituel de fermeture du Temple pour chaque degré de l’Ordre.

Le Temple Martiniste est également un symbole puissant établissant la complémentarité et l’interdépendance  entre le macrocosme et le microcosme. Il est à la fois une représentation microcosmique de notre Univers et  une représentation macrocosmique de l’Être. En Travaillant sur les symboles du Temple et en s’imprégnant des rituels, le Martiniste édifie ainsi son propre Temple intérieur, tout en étant confronté à la relation inaliénable  entre lui-même et l’Univers qui l’entoure.

Le Temple Martiniste manifeste le lien invisible entre le macrocosme et le microcosme, et c’est par l’introspection et la méditation que le Martiniste tend vers l’Harmonie dans cette relation. 

Les symboles du Temple, les rituels, ainsi que le symbole que représente le Temple lui-même permettent au Martiniste d’intégrer et de développer un langage simple, mais à la fois infiniment riche et universel. Ce langage est difficilement transmissible par des mots, car il appartient  au vécu des réunions de Groupe. Ce langage ne passe pas non plus forcément par la parole, il s’agit avant tout d’un langage intérieur. Cette notion peut-paraître floue, nous en sommes conscients, alors, mieux vaut l’illustrer par cette exemple :

Prenons le cas d’un Martiniste qui visite un Groupe dans un pays étranger au sien et dont il ne connaît pas la langue. La méconnaissance de la langue ne sera pas un obstacle pour la réunion. Dans le Temple, le Martiniste en visite sera chaleureusement reçu dans un espace familier, connu. De par le rituel et les symboles, il saura exactement ce qui se passe, rencontrant ainsi la même atmosphère de plénitude que dans son propre Groupe et partageant ainsi avec ses Frères et Sœurs, quelque fusse le langage oral parlé.

Ceci est le Langage du Cœur. 

Les choses acquises lors des Travaux au sein du Temple en tant que représentation microcosmique de l’Univers portent ensuite leurs fruits en dehors de ce dernier.

Le Temple Martiniste est ouvert de manière temporaire, tandis que le Temple Intérieur de l’Être reste toujours ouvert.

Et c’est le partage de cette expérience qui permet aux Martinistes de se retrouver et de se reconnaître sur un parfait pied d’égalité, quelque soit la ou les langues qu’ils parlent.

Nous pouvons en conclure que le vécu commun dans le Temple Martiniste est un lien puissant qui relie non seulement tous les Martinistes répartis sur la surface du globe, mais qui relie aussi l’intellect au Cœur. 

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( 31 mars, 2009 )

Réflexion sur le Travail Martiniste

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        Réflexion sur le Travail Martiniste

Le Martinisme emploie la méthode Initiatique pour permettre aux Frères et Sœurs qui le composent de se perfectionner intérieurement et ainsi pouvoir atteindre progressivement une meilleure harmonie avec eux-mêmes et le monde qui les entoure.

Le Martinisme est également une voie Spirituelle et Illuministe, elle ne requiert aucune croyance outre celle en un Être Supérieur ou du moins, dans une Vérité Supérieure, reprise sous le symbole du «Grand Architecte de l’Univers» ou encore du «Sublime Architecte des Mondes».

Comme toute Voie Initiatique, le Martinisme refuse toute vérité «prédigérée» et incite ses membres à l’introspection et à l’expérimentation, leurs permettant ainsi de tirer leurs propres conclusions. Les fruits du Travail de chacun sont partagés par les Frères et Sœurs lors des réunions, et les échanges menés dans l’atmosphère paisible du Temple et dans le plus grand respect de chacun contribuent à l’immense source de Savoir(s) que représente le Martinisme.

Dans cette Quête, le Martiniste a pour Matière Première son Être tout entier et pour Outils les symboles et les rituels.

Si la fréquentation assidue d’un Groupe est primordiale, elle est indissociable d’une discipline personnelle ; toute personne qui s’engage dans une telle voie doit aussi avoir la volonté de consacrer un certains temps à ses propres recherches et à prolonger au-delà du Temple les idéaux cultivés lors des réunions.

 Notons qu’à certains degrés de l’Ordre, des pratiques rituelles hors des réunions sont également souhaitées (mais non imposées), celles-ci sont communiquées par l’Initiateur en temps voulu.

Le Martinisme n’est pas  une forme de méthode miracle. Celui qui demande à être reçu aux Mystères Martinistes doit réaliser qu’il ne changera pas d’un coup de baguette magique. Comme toute démarche Initiatique, le Travail Martiniste voit ses fondations reposer sur la patience, l’humilité, la fraternité, le respect, l’assiduité, la tolérance, et surtout….Sur l’Amour !

S’engager sur la Voie Martiniste revient à planter une graine, qui, à force de travail et persévérance, deviendra une belle plante que le Martiniste continuera de soigner et entretenir pendant toute sa vie.

 

      

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( 30 mars, 2009 )

Le symbolisme

                                  

                      Le symbolisme                     

Après avoir planché sur différents symboles du temple, symboles étudiés au grade d’Associé, il me paraissait intéressant de conclure par quelques modestes réflexions concernant le symbolisme et le symbole en général.  Je vais tout d’abord tenter une définition : langage universel, il est vrai que l’expression symbolique se retrouve partout, sous toutes ses formes.  L’une des raisons d’être du symbole c’est qu’il permet d’aider l’homme à saisir certaines réalités de l’univers qu’autrement il n’arriverait possiblement jamais à comprendre.  Je vais faire abstraction d’une définition et d’une approche trop générale, trop profane du symbole,  pour assez rapidement l’appréhender en Martiniste .  Néanmoins, la définition « primitive » du mot qui, chez les Grecs, était donnée aux deux moitiés d’une plaquette qu’on se partageait, en signe de reconnaissance,formé par deux moitiés d’un objet brisé ou séparé que l’on rapproche.  Gardons alors en esprit cette dualité, cette bipolarité. Le symbole va pouvoir se tourner du côté humain et du côté divin.  Il sera toujours pluridimensionnel, notamment en exprimant la relation terre-ciel, il est alors susceptible d’un nombre infini de dimensions.  Celui qui perçoit un rapport symbolique se trouve en position de centre de l’univers.  Parce qu’il réunit des éléments séparés, il va jeter des ponts, il va être un facteur d’équilibre pour devenir ensuite le réalisateur de la synthèse du monde, je pense ici au Pantacle de l’ordre Martiniste Il sera la partie visible de l’iceberg, le signe matériel exprimant une réalité immatérielle, il aura le pouvoir de nous relier à une  réalité cachée et à ce titre, va agir comme facteur de lien, il va nous aider à passer du mental à l’intuition, de la méditation à l’élévation en stimulant notre esprit, en faisant appel à l’imagination, le symbole va suggérer l’abstrait par le concret, il sera aussi porteur de messages de l’inconscient vers le conscient. Quand la pensée rationnelle n’arrive pas à formuler quelque chose, le symbole devient alors nécessaire .  Un symbole n’existe que pour une collectivité dont les membres s’identifient sous un certain aspect, pour constituer un seul centre.  Tout l’univers va s’articuler autour de ce noyau. User de symboles, ce n’est pas seulement ni simplement parler,  c’est dire .   Et puis, nous allons donner une troisième dimension au symbole, nous allons le mettre en mouvement, ce sera alors le rituel.  A ce stade, il va élever ce qui est profane au Divin.  C’est alors, que, dans le désordre de nos sensations, de nos perceptions, le symbole va nous faire apparaître le sens qui est donné par et dans une référence transcendante, dans un axe vertical. Le symbole ne sera pas séparé de son accompagnement existentiel, c’est-à-dire dans son contexte, et alors, il va nous faire entrer dans notre univers spirituel.  Il condense dans le foyer d’une seule image toute une expérience spirituelle, il va être notre guide dans cette recherche de la lumière.   Le symbole intervient là où les limites de notre entendement nous bloquent pour aller plus loin sur le chemin vers Dieu, il ouvre alors l’accès au « continent spirituel », au dévoilement. Il est énergie, et à travers lui, nous est donné la transmission mystique des Maîtres passés . Il y a urgence à ce que la pensée symbolique croisse en l’homme, pour que celui-ci se réoriente, pour qu’il se tourne vers son Orient intérieur, vers la Source qui donne sens, nécessité d’un verbe qui recueille ce qui a été éparpillé, nécessité de la réintégration                                                       

                                         Un Serviteur Inconnu . 

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( 30 mars, 2009 )

La Tradition

LA TRADITION 

La Tradition n’appartient pas à quelque école philosophique ou mystique, elle est universelle. 

La Tradition se doit de toujours respecter les vérités universelles et de servir l’évolution de la vie vers son but ultime et Divin, la réintégration.  La Tradition est l’histoire de l’homme et de sa quête divine depuis le début des temps, celle-ci étant toujours vivante et appartenant à ceux qui lui permettent de vivre, donc de progresser, d’évoluer et de s’enrichir de forces et de qualités nouvelles.  On est digne de la Tradition dès lors qu’on la sert, c’est-à-dire dès que l’on se met au service de l’humanité. 

Nous avons, un jour, décidé d’entreprendre cette quête initiatique…  Cette quête se déroule suivant des travaux, des étapes, des lois, des degrés, des fonctions de service et non pas des grades honorifiques !

La réussite des différentes épreuves, des difficultés, le progrès grâce aux efforts et aux activités contenues dans les différentes étapes de cette progression sur le sentier, sont contrôlées par un maître, un guide, initiateur, qui détermine le moment de passer au niveau supérieur.  Il s’agit donc de franchir un portail, mais en réalité, le postulant est le seul juge et lui seul, au fond de lui, sait s’il a mérité de franchir ce seuil.  Ce franchissement sera pour nous une énorme source de satisfaction, et nous encourage dans notre persévérance.  La porte ne s’ouvrira donc pas toute seule devant nous, encore faut-il y frapper !  Ce symbole signifie donc que nous devons nous sentir aptes au franchissement.  Nous y découvrirons, dans cette chambre intérieure, une assemblée d’adeptes qui travaillent sous la directive et la protection de Maîtres dépendant eux-mêmes d’instructeurs et eux-mêmes dépendant du Grand Maître et des dignitaires qui lui apportent leurs aides.

Cette hiérarchie complexe a aussi pour mission la préservation des Enseignements, de la curiosité des profanes pour les réserver aux seules et sincères chercheurs de lumière.  Nous devons être préparés et habitués à une faible lumière afin de ne pas être aveuglés par une plus grande lumière, ce qui explique cette lente et précise progression.  Cette Chambre Intérieure est constituée de neuf parties appelées les alcôves.  Après y être passé et y avoir reçu les instructions, la lumière et les connaissances s’y rapportant nous passerons alors de la sagesse à l’espace infini, illimité.

Nous prendrons alors conscience par la vue, par l’ouïe et par notre sens psychique de ce qui se passe dans des lieux hors de portée de notre perception physique.

Arrivera le moment où nous nous trouverons devant l’Autel Suprême afin d’en gravir les degrés et rencontrer les plus grands des Maîtres.  Des instructions encore plus élevées nous seront alors données par la voie cosmique et par ses maîtres Invisibles.  Ceci se fera la nuit ou durant nos périodes de méditation.  Si nous restons fidèles aux promesses, aux engagements et aux hautes aspirations qui nous guident, nous parviendrons à notre but, la grande résurrection ou la réintégration dans le divin.

                                                                              Un Serviteur Inconnu .

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